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Cyclisme

Personne ne peut plus battre UAE, et c’est ce déséquilibre qui rend le Tour de France raccourci presque inévitable pour l’UCI

Par Gilles Marchetti
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D’un côté une équipe qui écrase tout, de l’autre des formations qui ne vivent que du sponsoring : c’est ce déséquilibre qui rend la piste d’un Tour de France raccourci de moins en moins taboue.

L’Union cycliste internationale (UCI) a mené une grande consultation auprès des acteurs du cyclisme. Parmi les propositions qui en ressortent, une a beaucoup fait réagir : réduire la durée des Grands Tours et de certains parcours par étapes. L’objectif affiché est de réduire les chevauchements de calendrier et de faciliter la participation à plusieurs Grands Tours dans la même saison.

Jérôme Pineau ne rejette pas l’idée. Professionnel depuis 2002, vainqueur de la Coupe de France en 2008 et porteur du maillot à pois sur le Tour en 2006 et 2010, l’ancien coureur devenu patron d’équipe connaît le sujet de l’intérieur, comme le rappelait franceinfo au moment de sa retraite. « Ce ne serait pas un sacrilège », a-t-il confié..

Plus personne ne rivalise avec les EAU

Le constat de Pineau tient en une phrase : « Il n’y a plus d’équipe qui arrive à se battre avec UAE ou à survivre, parce que les équipes ne vivent que du sponsoring. »

Derrière ce constat, une réalité économique. Des équipes professionnelles disparaissent chaque saison, faute de sponsors, et la question du ruissellement des revenus générés par les cours revient régulièrement. La proposition de raccourcir les Grands Tours serait d’ailleurs des partenaires commerciaux, qui regrettent de ne pas toujours voir les meilleurs coureurs au départ de leurs épreuves du calendrier World Tour.

Des Grands Tours sur trois week-ends

Pour l’instant, l’UCI a évoqué une réduction de « certains Grands Tours sur trois week-ends », contre quatre actuellement. Elle n’a pas mentionné la suppression d’une semaine entière.

Pineau, lui, va plus longe. Faire un Tour de France de deux semaines et ajouter des courses, cela veut dire plus de coureurs dans l’effectif, plus de voyages, plus de budget pour les équipes. « Elles sont au courant, les équipes, à part les grandes, que tout le monde est en train de crever ? », at-il rassemblé.

La condition de Pineau : inverser aux équipes

Mais Pineau pose une condition nette : les économies doivent revenir aux équipes. « Si demain on me dit que le Tour de France, le Giro et la Vuelta sont diminués d’une semaine, qu’on va dégager des bénéfices à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros pour reverser aux équipes, qui pourront vivre à 80% de leur sport, je signe », a-t-il clame.

Son avis s’appuie sur du vécu. En 2022, l’équipe B&B Hotels-KTM, dont il était le manager, était déjà dans le flou, en quête d’un gros sponsor pour un budget espéré entre 15 et 20 millions d’euros, comme le relatait Le Parisien. Pineau sait ce que signifie dépendre du sponsoring.

Il ne croit d’ailleurs pas que la réforme qu’il imagine figure dans les plans de l’UCI. Sa conclusion est simple : réduire la durée, c’est augmenter la qualité du produit et du spectacle. « Mais qui fait le spectacle ? Ce sont les acteurs, les coureurs et les équipes. »





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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