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« Ce n’est pas le bon timing » : Teddy Riner forfait pour les mondiaux et choisit la patience mais son pari vers Los Angeles se complique

Par Gilles Marchetti
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Teddy Riner renonce aux Mondiaux de Bakou, mais le vrai signal se joue ailleurs : son équipe préfère protéger une épaule encore sensible plutôt que griller une étape avant Los Angeles.

Le forfait n’a rien d’un retrait anodin. Le triple champion olympique ne disputera pas les Championnats du monde de judo 2026, organisés à Bakou du 4 au 11 octobre, alors qu’il visait un douzième titre mondial.

La formule de Julien Corvo résume le dossier : « ce n’est pas le bon timing ». Le préparateur physique de Riner ne décrit pas une alerte dramatique, mais une blessure assez gênante pour casser la progression prévue.

Une épaule encore trop sensible pour enchaîner

Riner s’est blessé à l’entraînement durant l’été. Depuis, sa reprise a déjà été repoussée à plusieurs reprises : le Grand Prix de Lima d’abord, puis le Grand Slam de Lausanne. Les Mondiaux arrivent trop vite dans cette chronologie.

La fédération a expliqué que l’évolution de sa blessure ne lui permettra pas de participer au rendez-vous mondial. La priorité devient sa récupération et un retour dans de bonnes conditions.

Julien Corvo a donné l’explication la plus précise à l’AFP : « Il ya un petit bout d’os qui se balade au niveau de l’épaule et c’est ce qui le rend sensible ». Il ajoute que Riner ressent « une sorte de petite décharge » quand il lève le soutien-gorge.

Le staff médical ne présente pas la situation comme grave en soi. Le problème, c’est le calendrier. Sans compétition de reprise avant Bakou, enchaîner directement sur un Championnat du monde aurait ajouté un risque inutile.

Le choix de la patience plutôt qu’un douzième titre mondial

Sportivement, le renoncement coûte cher. Riner devait viser en Azerbaïdjan un douzième titre mondial, un chiffre qui aurait encore prolongé son avance dans l’histoire du judo.

Mais son entourage assume une lecture plus longue. « Comme on n’est pas pressé, on voulait d’abord faire des compétitions avant les Mondiaux », a expliqué Julien Corvo à l’AFP. Cette étape préparatoire n’a pas pu se faire. Le forfait suit donc une logique simple : pas de montée en charge, pas de Mondial.

Cette prudence colle aussi à la trajectoire récente du judoka. Depuis les Jeux olympiques de Paris 2024, Riner n’a plus participé à un tournoi individuel. Il a seulement disputé un combat lors de la Ligue des champions remportée fin 2024 avec le Paris SG.

À Paris, il avait pourtant fort frappé : troisième couronne olympique individuelle, après 2012 et 2016, et deuxième sacrée par équipes. Le niveau n’est pas la question. Le sujet, désormais, c’est la capacité à retrouver une continuité physique.

Los Angeles reste l’objectif, mais le chemin se resserre

À 37 ans, Riner a placé les Jeux de Los Angeles comme l’ultime objectif de sa carrière. Le forfait de Bakou ne ferme pas cette route. Il la rend plus étroite, parce qu’il devra aller chercher un quota olympique avec ses résultats.

Le cadre californien n’est pas neutre pour le sport mondial. Sport Buzz Business a rapporté, en citant Forbes, un naming à 100M$ sur 10 ans autour du BMO Stadium de Los Angeles, un rappel du poids économique de la ville dans le sport professionnel américain.

Pour Riner, l’enjeu est moins financier que compétitif : arriver à Los Angeles avec assez de repères, assez de combats, et une épaule capable d’encaisser une préparation complète. Avant même de parler de médaille, il faut reconstruire un calendrier fiable.

Julien Corvo refuse d’avancer une date de reprise. Il veut d’abord voir comment évoluer l’épaule. C’est là que le pari se complique : la patience protège Riner aujourd’hui, mais elle réduit aussi le nombre d’occasions de marquer des points avant son dernier grand rendez-vous.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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