L’ancienne star de l’UFC, Ronda Rousey, a vivement critiqué la gestion actuelle de l’organisation, qu’elle juge désastreuse pour les athlètes.
Ronda Rousey, légende du MMA et première femme intronisée au Temple de la renommée de l’UFC, a profité d’une conférence de presse pour exprimer son mécontentement envers l’organisation. Alors que son retour en MMA contre Gina Carano, prévu le 16 mai sous la bannière Most Valuable Promotions (MVP), fait grand bruit, Rousey a dénoncé les conditions actuelles des combattants sous contrat avec l’UFC.
« Il fut un temps où l’UFC était le meilleur endroit pour gagner sa vie dans les sports de combat. Aujourd’hui, c’est devenu l’un des pires », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse à Los Angeles. Ses critiques visent directement la gestion financière de l’UFC, qu’elle accuse de privilégier les actionnaires au détriment des athlètes.
Pourquoi Rousey a-t-elle décidé de s’exprimer aussi publiquement ? Quelles sont les raisons de son désaccord avec l’UFC ? Et comment son combat contre Gina Carano s’inscrit-il dans cette dynamique de contestation ? Voici les éléments clés de ses déclarations.
Un modèle économique critiqué
Des combattants sous-payés malgré des revenus colossaux
Selon MVP Press Conference Ronda Rousey a pointé du doigt le déséquilibre entre les revenus colossaux de l’UFC, valorisée à 7,7 milliards de dollars, et les salaires de misère de nombreux combattants. « Beaucoup d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, alors qu’ils se battent à plein temps », a-t-elle déploré. Elle a évoqué le cas de championnes comme Valentina Shevchenko, contrainte de monétiser son image sur des plateformes comme OnlyFans pour compléter ses revenus.
« Quand vos championnes en viennent à vendre des photos dénudées pour joindre les deux bouts, c’est qu’il y a un problème systémique », a-t-elle asséné, critiquant une organisation qui pense aux actionnaires avant de penser aux athlètes.
Un changement de philosophie depuis le rachat par WME-IMG
Pour Rousey, le problème vient d’un changement de philosophie depuis le rachat de l’UFC par WME-IMG en 2016, puis son intégration au groupe TKO. « Dana White n’a plus le même pouvoir qu’avant », a-t-elle expliqué. « Aujourd’hui, il est légalement tenu de maximiser la valeur pour les actionnaires, et ça se fait au détriment des combattants ».
Elle regrette que l’UFC ne soit plus une organisation qui met en avant les meilleurs combats, mais plutôt une machine à cash qui saigne les talents. « Ils pensent au prochain trimestre, pas à l’avenir du sport », a-t-elle critiqué, soulignant que les meilleurs partent ailleurs et que ceux qui restent doivent se débrouiller pour survivre.
Une relation complexe avec Dana White
Une loyauté à toute épreuve, mais des désaccords profonds
Ronda Rousey a tenu à préciser qu’elle n’en voulait pas personnellement à Dana White, qu’elle décrit comme loyal à la faute. « Il a toujours été là pour moi, et je lui en suis reconnaissante », a-t-elle nuancé. « Mais aujourd’hui, il n’a plus les coudées franches. L’UFC n’est plus la même ».
Elle a raconté avoir d’abord proposé son combat contre Gina Carano à l’UFC, dans l’espoir de le co-organiser avec White. « J’ai dit : ‘Je préfère me battre pour toi que pour moi, mais il faut que ça ait du sens’ », a-t-elle rappelé. « On devait le faire pour le Nouvel An, sous le modèle pay-per-view, avec une structure financière avantageuse ». Mais le changement de stratégie de l’UFC, qui a basculé vers un modèle de streaming avec Paramount, a tout changé.
« Gina a dit qu’elle avait besoin de plus de temps pour être au top, et finalement, c’était un signe du destin », a-t-elle estimé, expliquant que cela les a poussés à faire les choses différemment.
Un combat contre Carano pour changer le paysage du MMA
Une opposition symbolique à l’UFC
Le combat entre Rousey et Carano, diffusé sur Netflix, est bien plus qu’un simple retour. « Ça va bien au-delà de nous deux », a-t-elle affirmé. « C’est devenu une question de changer tout le paysage du MMA ».
Elle assume que ce match est perçu comme un défi direct à l’UFC, même si ce n’était pas son intention initiale. « Au début, je voulais juste retrouver mon amour pour le sport, et aider Gina à retrouver cette étincelle qu’on aimait tant chez elle », a-t-elle confié. « Mais ça a pris une dimension bien plus grande ».
Une preuve qu’on n’a pas besoin de l’UFC pour réussir
Rousey a insisté sur le fait que ce combat prouve qu’il existe des alternatives à l’UFC. « Quand j’ai vu que ça ne marcherait pas avec eux, j’ai dit à Gina : ‘On peut le faire nous-mêmes, on n’a besoin de personne’ », a-t-elle raconté. « Elle m’a fait confiance, et aujourd’hui, on est là, devant l’Intuit Dome, prêts à organiser le combat le plus regardé de l’histoire ».
Pour elle, cette autonomie est un message fort envoyé à l’UFC : « Les combattants méritent mieux. Et si l’UFC ne veut pas changer, alors le changement viendra d’ailleurs ».
Ronda Rousey, légende de l’UFC, est devenue l’une de ses critiques les plus féroces. Son retour en MMA sous une autre bannière symbolise bien plus qu’un simple combat : c’est un défi lancé à une organisation qu’elle accuse d’avoir trahi ses valeurs.
« Je ne voulais pas changer le monde, juste faire quelque chose d’amusant », a-t-elle conclu avec un sourire. « Mais si c’est ce qu’il faut pour réveiller les consciences, alors tant mieux ».
Avec son combat contre Gina Carano, elle espère montrer qu’une autre voie est possible pour les combattants, loin des dérives financières de l’UFC. « On va prouver qu’on peut faire du MMA autrement, avec respect et équité », a-t-elle promis.
Pensez-vous que Ronda Rousey a raison de critiquer l’UFC ? Son combat contre Carano peut-il vraiment changer le MMA ?