Le soutien est indéfectible, mais il a ses frontières. De passage dans le Béarn, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a réaffirmé l’engagement historique de la major pétrolière auprès de la Section Paloise.
Partenaire du club depuis 1997, le géant de l’énergie vient de prolonger son bail pour sept saisons supplémentaires, tout en saluant la dynamique sportive actuelle sous l’ère Piqueronies. Toutefois, sur le dossier brûlant de l’agrandissement du stade du Hameau, le dirigeant a tenu à clarifier les rôles : si TotalEnergies finance le talent et la formation, la construction de tribunes reste l’affaire des collectivités.
Entre TotalEnergies et la Section Paloise, c’est une histoire de fidélité qui dure depuis près de trente ans. Avec une contribution annuelle avoisinant les 7,5 millions d’euros, l’entreprise est le moteur financier du club vert et blanc. Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, Patrick Pouyanné a exprimé son enthousiasme face aux résultats de l’équipe, qui semble enfin installée dans un « cercle vertueux ». Mais derrière les éloges, le patron a posé un cadre strict, rappelant que le rôle d’un sponsor, aussi puissant soit-il, n’est pas de se substituer aux acteurs publics pour l’aménagement des infrastructures.
7,5 millions d’euros par an : ce que TotalEnergies accepte de financer
TotalEnergies s’est engagé à hauteur de 7,5 millions d’euros par an pendant sept ans aux côtés de la Section Paloise soit plus de 52 millions d’euros sur la durée du partenariat renouvelé. L’investissement est ciblé : projet sportif et formation.
Le centre de formation baptisé Honhacamp TotalEnergies, attendu pour l’été 2026, en est l’illustration concrète. TotalEnergies finance les installations où se construisent les futures générations de joueurs palois.
Le partenariat remonte à 1997 près de trente ans, à travers toutes les divisions du club. Patrick Pouyanné, PDG du groupe, se déplace personnellement à Pau et suit le club de près.
« Ce n’est pas notre vocation » : pourquoi TotalEnergies refuse de financer la quatrième tribune
« Ce n’est pas la vocation de TotalEnergies de construire des tribunes. Si l’équipe continue à marcher, nous n’avons pas de doute que les élus sauront accompagner le succès du club. » Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, 6 mai 2026.
Le projet d’une quatrième tribune au stade du Hameau ne sera pas financé par le sponsor principal de ce club de rugby . Pouyanné délimite le périmètre du partenariat : financer la formation et le recrutement, oui ; construire des enceintes sportives, non.
Cette position reflète la pratique courante du mécénat sportif privé en France : les sponsors financent la performance, les collectivités financent les murs.
Si la quatrième tribune doit voir le jour, ce sont les élus locaux qui devront mettre la main au portefeuille.
Un cercle vertueux où chacun joue son rôle
« Ils gagnent et ils sont dans un cercle vertueux », déclare Pouyanné à propos de la Section Paloise. Ce club béarnais attire désormais des joueurs qui, hier encore, ne l’auraient pas considéré. « Maintenant, les joueurs ont envie de venir à Pau », confirme le PDG.
Ce changement de statut, Pouyanné l’attribue en partie à Sébastien Piqueronies. L’entraîneur a bâti une stratégie fondée sur la formation et la valorisation des jeunes une philosophie que TotalEnergies finance structurellement via le centre Honhacamp.
La logique est celle d’un effet domino : succès sportif, pression politique, financement public des infrastructures. « Si l’équipe continue à marcher, nous n’avons pas de doute que les élus sauront accompagner le succès du club », affirme Pouyanné.
Le refus de TotalEnergies n’est pas un abandon : le sponsor privé finance la performance sportive et la formation, les collectivités financent les murs. La question est désormais dans le camp des élus palois : sont-ils prêts à financer une quatrième tribune si la Section Paloise continue de progresser ?