Des centaines d’anciens rugbymen risquent de perdre leur combat judiciaire avant même que le fond soit examiné
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Dans l’immense dossier des commotions cérébrales dans le rugby, plusieurs centaines d’anciens joueurs pourraient perdre une bataille décisive sans que leurs accusations soient réellement étudiées sur le fond.
Le point de bascule n’est pas, à ce stade, la question médicale. Il ne s’agit pas encore de trancher si World Rugby, la Fédération anglaise ou la Fédération galloise ont suffisamment protégé les joueurs contre les chocs répétés à la tête.
Le danger vient d’ailleurs : une question de procédure, liée aux documents médicaux qui auraient dû être transmis dans les délais fixés par la justice britannique. Et dans un dossier ouvert depuis plusieurs années, ce type de détail peut devenir énorme.
Un risque de rejet massif avant le débat principal
La Haute Cour de Londres doit décider si une grande partie des dossiers d’une première série de 561 plaignants peut continuer. L’enjeu est lourd : près de 95 % de ces dossiers seraient menacés par un rejet pour non-respect d’une ordonnance judiciaire.
Aucune décision définitive n’a encore été rendue. Après deux journées d’audience, le juge Jeremy Cook s’est réservé le temps d’examiner la situation, présentée comme très inhabituelle par son ampleur.
Le problème porte sur des pièces liées aux examens neurologiques des anciens joueurs. Ces documents devaient être transmis aux parties adverses dans un délai donné. Une partie aurait bien été envoyée, mais des éléments importants resteraient manquants.
Concrètement, cela peut créer une situation brutale pour les plaignants. Un ancien joueur peut souffrir de troubles sérieux, disposer d’un parcours médical documenté, et pourtant voir son dossier fragilisé parce que la procédure n’a pas été conduite comme le tribunal l’exigeait.
World Rugby et les fédérations contestent la validité des dossiers
World Rugby, la RFU et la WRU réclament le rejet des dossiers concernés. Leur position repose sur l’idée que les obligations de transmission des pièces médicales n’ont pas été respectées de manière complète.
Le même type de demande aurait également été formulé dans une procédure parallèle impliquant d’anciens joueurs de rugby à XIII. Ce point mérite toutefois une vérification précise, faute d’URL source principale disponible.
Le juge Cook a reconnu l’existence de manquements importants, mais il a également pris soin d’écarter la responsabilité directe des anciens joueurs. Sa critique étau surtout Richard Boardman, l’avocat qui portait jusqu’ici l’action.
La phrase rapportée est forte : « Aucun plaignant ne peut être tenu responsable des lacunes dans la manière dont cette affaire a été présentée ». Elle résume tout le paradoxe du dossier. Les joueurs pourraient subir les conséquences d’erreurs procédurales sans être eux-mêmes considérés comme des fautifs.
Une affaire qui dépasse largement la seule erreur d’avocat
La crise a déjà provoqué une rupture nette. Les anciens joueurs ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec le cabinet Rylands Garth, tandis que Richard Boardman a indiqué son intention de se retirer du dossier.
Une nouvelle équipe juridique doit désormais reprendre une procédure complexe, déjà longue de six ans. Ce changement intervient au pire moment : au moment où le tribunal examine la solidité même des dossiers déposés.
Parmi les noms cités figurent Phil Vickery et Mark Regan, champions du monde avec l’Angleterre en 2003, ainsi que l’ancien international gallois Gavin Henson. Alix Popham, atteinte d’encéphalopathie traumatique chronique, a défendu le changement de représentation juridique face à l’ampleur de l’affaire.
Le fond du dossier reste explosif pour le rugby : des anciens joueurs accusent les instances de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour limiter les conséquences des chocs répétés à la tête. Mais si les dossiers sont écartés pour une question de procédure, ce débat pourrait être repoussé, réduit ou même inaccessible pour une partie des plaignants.
Pour le rugby, l’image est terrible. Le sport est déjà sous pression sur la gestion des commotions. Voir une affaire de cette taille se jouer d’abord sur des délais et des pièces médicales manquantes renforcerait le sentiment d’un combat judiciaire aussi dur que le problème de santé qu’il cherche à traiter.