Rugby

« Le mieux pour moi, c’était de changer de club » : Séguret revient sur son départ de La Rochelle pour se relancer au Lou

Par Maxime Aulne
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Le mouvement n’a rien d’un simple transfert de plus dans le Top 14. Formé à Lyon, passé ensuite par Castres puis La Rochelle, Adrien Séguret revient dans un club qu’il connaît déjà, avec une mission assez claire : retrouver de la continuité et peser rapidement dans un groupe engagé sur deux tableaux.

Son départ de La Rochelle s’explique aussi par un contexte sportif très concret. Au centre, la concurrence s’est renforcée. Le plafond salarial a également compté dans les discussions. Au bout du compte, aucun accord n’a été trouvé pour prolonger l’aventure rochelaise.

Un départ de La Rochelle assumé, pas subi

Adrien Séguret résume son choix sans détour. Après quelques mois à La Rochelle, il explique que les conditions n’étaient plus réunies pour continuer dans la durée.

« J’ai passé ces derniers mois à La Rochelle, mais on n’a pas réussi à trouver un accord à la fin de mon contrat. Le mieux pour moi, entre les recrues au centre à La Rochelle et le plafond salarial, c’était de changer de club », confie le trois-quarts centre.

La phrase est intéressante parce qu’elle évite le faux discours de façade. Séguret ne parle pas d’un simple nouveau projet pour enjoliver son départ. Il a rencontré sur la table les deux réalités qui structurent beaucoup de carrières en Top 14 : la place disponible dans l’effectif et la marge salariale du club.

Cas concret : pour un centre qui sort d’une période sans continuité idéale, rester dans une efficacité déjà très dense peut vite devenir un piège. Même avec de la qualité, les minutes se gagnent cher. Un contrat court dans un environnement connu peut alors offrir une meilleure rampe de relance qu’une saison passée à attendre une ouverture.

Le LOU, un retour familial mais pas confortable

Le retour à Lyon coche plusieurs cas. Séguret connaît le club, une partie du staff, certains joueurs et l’environnement. L’intégration devrait donc être plus rapide qu’ailleurs, ce qui compte quand le contrat ne porte que sur une saison.

Karim Ghezal a également joué un rôle dans le dossier. Les échanges ont eu lieu sur la fin de saison, avec une idée commune : Séguret peut apporter quelque chose au groupe lyonnais.

« C’est assez rare de revenir dans son club formateur, mais ça rend aussi l’intégration très facile. Je connaissais pas mal l’endroit, des gens du staff, des joueurs… On a trouvé un accord sur une année. Ça me permet de me relancer et de les aider à performer sur les deux compétitions. Karim et moi, on est persuadés que je peux apporter à l’équipe. »

Le retour n’a pourtant rien d’un fauteuil réservé. Au centre, la concurrence reste forte, comme dans la plupart des clubs de Top 14. Séguret ne cherche pas à l’éviter. Il assure même y être habitué après ses passages à Castres et La Rochelle.

« Je ne connais pas un club de Top 14 où on n’a pas de monde au centre. Je sais à quoi m’attendre. J’ai eu de la concurrence à Castres, à La Rochelle. Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur, au contraire, c’est le jeu. »

Une saison à double enjeu entre Top 14 et Challenge Cup

Sur le terrain, l’objectif immédiat est simple : gagner vite des minutes et montrer qu’il peut compter dans la rotation. Séguret parle de performance dès le début, mais aussi d’un apport dans le vestiaire. Pour un joueur qui revient dans son club formateur, cette dimension peut compter autant que les premières feuilles de match.

Le LOU aura aussi un enjeu européen à gérer. La Challenge Cup de rugby occupe déjà une place dans les discussions internes, d’autant plus que la finale est annoncée à Lyon. Séguret assure que le sujet n’est pas traité comme un bonus secondaire.

« On l’évoque pas mal. La direction l’a évoquée aussi avec nous. Je sais que le LOU commence à avoir une petite histoire avec cette compétition. On ne va pas la prendre à la légère, encore moins cette année avec la finale à Lyon. »

En Top 14, le centre s’attend à un championnat très serré, où chaque faux départ peut coûter cher. Il insiste sur la densité du niveau et sur la nécessité d’être prêt dès la première journée, y compris face à un promu comme Vannes.

Pour Séguret, le retour au LOU ressemble donc moins à un retour en arrière qu’à une saison charnière. Il connaît le décor, mais il doit regagner sa place. Et c’est probablement ce qui rend son choix lisible : quitter La Rochelle pour ne pas subir la concurrence, revenir à Lyon pour l’affronter avec un rôle à reconquérir.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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