“J’ai eu peur” : La Rochelle s’en sort de justesse et Oscar Jegou raconte un final totalement irrespirable

Antoine HASTOY , Paul BOUDEHENT and Oscar JEGOU

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Publié le mai 12, 2026

Le soulagement après l’angoisse. Quelques heures après le succès historique du Stade Rochelais sur la pelouse du Racing 92 (24-26), Oscar Jegou est revenu sur l’intensité dramatique d’une fin de match qui aurait pu basculer sur un coup de pied.

Entre la peur d’un drop fatal, l’émotion liée à la blessure de Matthias Haddad et l’épuisement physique sous la chaleur francilienne, le troisième ligne maritime livre un témoignage brut. Pour lui, si la victoire est belle, elle met en lumière l’exigence terrifiante d’un Top 14 où chaque seconde est un combat pour la survie.

Le Stadium de l’Arena a bien failli être le théâtre d’une nouvelle désillusion pour les Jaune et Noir. Alors que le chronomètre affichait les dernières secondes, le destin de la rencontre reposait sur le pied d’Ugo Seunes. Pour Oscar Jegou, ce moment a été une épreuve psychologique autant que physique. Dans les colonnes de L’Équipe, il raconte les coulisses de cette victoire à l’arrachée et les défis qui attendent un groupe rochelais sur les rotules mais toujours debout.

La peur du drop et le défi de la lucidité

Le salut rochelais a tenu à quelques centimètres lors de l’ultime tentative de drop du Racing :

  • Un frisson final : « Franchement, j’ai eu peur », avoue Jegou. Il a vu Seunes s’installer dans l’axe et a dû puiser dans ses dernières réserves pour monter sur le buteur et faire peser une pression décisive.
  • Le manque de second souffle : Sous une chaleur accablante, le troisième ligne reconnaît avoir pioché physiquement : « On commence à moins se baisser, à faire des fautes… on perd les collisions. »
  • Le chantier de la 60e minute : Pour Jegou, la lucidité en fin de match reste le point noir à travailler pour éviter de se faire peur lors des prochaines échéances.

Jouer pour Matthias Haddad

La victoire a été marquée par le sceau de la solidarité après la sortie sur civière de Matthias Haddad :

  1. Un moteur émotionnel : La blessure de leur coéquipier a servi de catalyseur. « On s’est dit qu’on allait le faire pour lui », confie Jegou, expliquant que ce drame a donné au groupe un « regain d’énergie » crucial.
  2. Un soutien indéfectible : Conscient du passé médical lourd de Haddad, Jegou insiste sur la nécessité d’accompagner psychologiquement son partenaire durant cette semaine difficile.
  3. L’adversité comme force : Malgré l’infirmerie qui ne désemplit pas, le groupe compte sur les « mecs qui ont les crocs » et le retour attendu de Jack Nowell pour défier Toulouse.

Analyse de la fin de match : Les points de bascule (11 mai 2026)

Moment CléActionImpact Ressenti (Jegou)
47e minuteSortie de Matthias HaddadChoc émotionnel et motivation décuplée
60e minuteFatigue et chaleurPerte de lucidité et fautes répétées
80e minuteDrop d’Ugo Seunes« Peur » intense et montée défensive désespérée
Score Final24-26Soulagement et première victoire historique

Le témoignage d’Oscar Jegou illustre la bascule mentale qu’est en train d’opérer le Stade Rochelais. En avouant sa peur et ses difficultés physiques, il ne montre pas une faiblesse, mais une forme de sincérité qui soude le groupe.

Cette capacité à gagner « moche » ou à l’énergie, là où le club avait l’habitude de dominer par sa seule puissance, est peut-être le signe d’une équipe qui apprend à souffrir ensemble. L’enjeu de la réception de Toulouse sera de transformer cette peur et cette fatigue en une agressivité contrôlée dès la première minute, pour éviter de dépendre une nouvelle fois d’un échec adverse à la dernière seconde.

Le facteur « Hameau » et l’énergie du désespoir

Le Stade Rochelais doit désormais composer avec un effectif mouvant, mais Oscar Jegou l’assure : la force du collectif compensera les absences. Avec le retour de cadres comme Jack Nowell, La Rochelle espère retrouver la maîtrise qui lui a fait défaut dans les derniers mètres au Racing.

Oscar Jegou a eu peur, mais il a gagné. Cette sincérité est à l’image d’une fin de saison où chaque match de rugby est une finale avant l’heure. Selon vous, cet aveu de fatigue et de peur à la 60e minute est-il inquiétant avant d’affronter l’armada toulousaine, ou est-ce au contraire cette vulnérabilité assumée qui rendra les Rochelais plus dangereux et solidaires dimanche soir ?

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