« J’aurais bien aimé aller jusqu’à ma dernière Coupe du monde, dans un an » : Atonio

Uini Atonio
Publié le mai 18, 2026

Le géant rochelais brise le silence après avoir frôlé le pire. Ce dimanche 17 mai 2026, Uini Atonio s’est confié pour la première fois sur l’accident cardiaque qui a brutalement mis fin à sa carrière de joueur en janvier dernier.

Victime d’une alerte majeure à la poitrine lors d’un échauffement face à Clermont, l’emblématique pilier du Stade Rochelais et du XV de France a dû être placé en soins intensifs avant de se résoudre à raccrocher les crampons à 36 ans. Désormais reconverti dans le staff des Maritimes, le colosse aux 68 sélections aborde sa nouvelle vie avec la résilience et l’optimisme débordant qui le caractérisent, tout en concédant que l’atmosphère unique du vestiaire lui manque terriblement.

Le monde du rugby français avait retenu son souffle le 18 janvier 2026 en apprenant l’hospitalisation d’urgence de l’un de ses visages les plus attachants. Quatre mois après ce traumatisme, Uini Atonio est sorti du bois au micro du Canal Rugby Club. S’il a dû faire le deuil de sa fin de carrière internationale et d’un ultime défi planétaire, l’ancien droitier se montre d’une dignité exemplaire. Désormais entraîneur de la mêlée de La Rochelle, il panse les blessures d’un corps meurtri par les joutes du très haut niveau.

« J’aurais bien aimé aller jusqu’à ma dernière Coupe du monde » : le regret d’Atonio

« J’aurais bien aimé aller jusqu’à ma dernière Coupe du monde, dans un an, mais je reste fier de ce que j’ai fait avec La Rochelle et avec l’équipe de France », a confié Uini Atonio à Canal Rugby Club, quatre mois après son accident cardiaque. Une phrase qui dit tout : le regret, la fierté, l’acceptation.

Après la Coupe du monde 2023, Atonio avait envisagé de mettre un terme à sa carrière internationale avant de prolonger l’aventure, participant notamment à la victoire du Tournoi des Six Nations 2025. C’est précisément ce choix qui rend l’arrêt forcé de janvier 2026 si douloureux : cette fois, ce n’est pas lui qui a décidé.

Ses 68 sélections en bleu témoignent d’une carrière d’exception selon Midi Olympique. Deux opérations plus tard, le pilier rochelais n’a pas le droit de rejouer. Mais il a encore le droit de parler.

« Quand on a su que c’était le cœur, ça m’a fait un peu peur » : la résilience face à l’accident

Ce matin du 18 janvier 2026, Atonio pensait d’abord à une blessure mécanique. « Je croyais que c’était mécanique, sachant que dans la semaine j’avais fait un scanner montrant que j’avais le sternum un peu abîmé. Mais pendant l’échauffement, je sentais qu’il y avait autre chose », raconte-t-il à Canal Rugby Club.

Ce « autre chose » s’est révélé être un accident cardiaque.

« Quand on a su que c’était le cœur, ça m’a fait un peu peur. Mais comme je vois toujours les choses positivement, je me suis dit que je n’étais pas mort et que j’avais la chance d’être là avec tout le monde », confie Atonio. Le soutien a été immédiat. « Quand tu es à l’hôpital et que tu vois 200 ou 300 messages arriver en même temps, ça fait chaud au cœur », dit-il.

« J’aurais bien aimé aller jusqu’à ma dernière Coupe du monde, dans un an, mais je reste fier de ce que j’ai fait avec La Rochelle et avec l’équipe de France. »
Uini Atonio, Canal Rugby Club, 17 mai 2026

Après le rugby : la nouvelle vie d’Atonio en tant qu’entraîneur

« L’image que l’on a de Uini : c’est quelqu’un qui n’abandonne jamais. » Ces mots de Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France, prononcés en février 2026, résonnent différemment aujourd’hui.

Depuis janvier 2026, Atonio est entraîneur de la mêlée au Stade Rochelais. Celui qui était l’un des meilleurs piliers droits du monde transmet désormais son expertise aux piliers rochelais.

« Je suis content de continuer cette nouvelle vie après le rugby. J’ai toujours dit qu’être rugbyman est le meilleur métier du monde et continuer dans le rugby est une chance », affirme-t-il à Canal Rugby Club.

Sa participation à la victoire du Tournoi des Six Nations 2025 reste l’un de ses derniers grands souvenirs en tant que joueur. Il repart avec 68 sélections, trois finales de Champions Cup avec La Rochelle (2021, 2022, 2023) dont deux victoires, et une réputation intacte.

Atonio ne disputera pas la Coupe du monde 2027. Il sera peut-être dans les tribunes de Sydney ou Brisbane en tant qu’entraîneur une autre façon d’y être. La Coupe du monde 2027 sera-t-elle pour La Rochelle l’occasion de voir plusieurs de ses joueurs formés par Atonio briller sous le maillot bleu ?

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