Rugby

Jelonch, Willis, Banos : le Stade toulousain vise un quintuplé historique mais la troisième ligne toulousaine décimée devient déjà le dossier sensible de l’été

Par Gilles Marchetti
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Le Stade toulousain récupère une grande partie de ses forces avant la reprise, mais son chantier le plus sensible se situe déjà au même endroit : une troisième ligne où les absences s’accumulent.

Sur le papier, Toulouse avance avec le statut que tout le monde lui connaît. Champion de France en titre, encore candidat naturel au sommet du Top 14, le club rouge et noir peut viser une saison rare, avec l’idée d’un cinquième Bouclier de Brennus consécutivement.

Mais dans une préparation d’été, le détail qui tire n’est pas toujours le plus spectaculaire. À Gérone, où le groupe effectue un stage de quatre jours, le retour des internationaux français donne de l’épaisseur à l’effectif. En même temps, la liste des joueurs indisponibles ou en reprise progressive dessine un vrai point de tension.

Le groupe se remplit, mais pas partout au même rythme

Le Stade toulousain a retrouvé plusieurs internationaux après le Championnat des Nations. Peato Mauvaka, Emmanuel Meafou, Alexandre Roumat, Paul Graou, Romain Ntamack et Kalvin Gourgues ont repris l’entraînement lundi, ce qui change forcément le visage du groupe.

Tommaso Menoncello, unique recrue de l’effectif professionnel, poursuit également sa montée en puissance avec ses nouveaux coéquipiers. Pour un club qui doit vite retrouver ses automatismes, cette scène en Espagne arrive donc à un moment important.

Le calendrier laisse peu de marge. Toulouse doit disputer un seul match de préparation face à Bayonne le 28 août, avant d’ouvrir son Top 14 par un déplacement à La Rochelle le 6 septembre. Ce n’est pas exactement le genre d’entrée en matière où l’on peut bricoler trop longtemps.

Jelonch, Willis, Banos : le même secteur concentre les alertes

Le dossier le plus sensible concerne la troisième ligne. Anthony Jelonch, touché à une épaule, est bien présent à Gérone, mais il reprend progressivement ses repères et ne participe pas encore aux séances normales.

Jack Willis suit une trajectoire proche dans l’idée. Le capitaine anglais poursuit sa récupération après une légère intervention à un genou et n’a pas encore le feu vert pour reprendre les entraînements collectifs. Pour Toulouse, l’information compte autant sportivement que symboliquement : Willis n’est pas un joueur de rotation comme les autres.

Derrière eux, la liste s’allonge. Léo Banos est toujours à l’arrêt pour un problème de dos, Mathis Castro-Ferreira pour une cheville, Marceau Marzullo pour une épaule. Théo Ntamack suit de son côté un programme individualisé afin de retrouver son meilleur niveau physique.

Le cas Malachi Hawkes ajoute une couche à cette lecture. Le joueur poursuit sa rééducation après une rupture du tendon d’Achille. À ce stade de l’été, ce n’est donc pas seulement une infirmerie remplie : c’est un secteur précis qui se retrouve sous surveillance.

Exemple concret : si Toulouse devait border Bayonne ou La Rochelle en préservant encore Willis et Jelonch, le staff pourrait être obligé de réduire les prises de risque dans les rotations, de protéger certains profils à l’entraînement et de demander davantage aux joueurs déjà des revenus tardifs dans la préparation. Sur une saison longue, ce genre d’arbitrage peut vite peser.

Le quintuplé reste l’horizon, la gestion physique devient le premier test

La situation ne transforme pas Toulouse en équipe en crise. Le retour des internationaux français donne au contraire une base solide à Ugo Mola et à son staff. Juan Cruz Mallia poursuit normalement sa préparation après sa grave blessure au genou contractée en novembre 2025, tandis que Santiago Chocobares est laissé à disposition par les Pumas pour récupérer après une fin de saison éprouvante.

Deux Argentins, Efraín Elias et Tomás Rapetti, manquent encore en raison de leurs engagements internationaux. Valentin Delpy et Clément Vergé ont également quitté prématurément la séance de mardi, sans précision disponible sur la gravité de leurs blessures.

Le message sportif reste pourtant clair. Didier Lacroix est attendu auprès du groupe à Gérone pour lancer une saison qui peut marquer l’histoire du championnat. Le Stade toulousain tentera de décrocher un cinquième Bouclier de Brennus consécutivement, une performance présentée comme inédite.

C’est précisément ce contraste qui rend l’été toulousain intéressant. Toulouse possède toujours la profondeur, les cadres et l’habitude des très grands rendez-vous. Mais avant de parler de domination, il faudra déjà surveiller la capacité du personnel à traverser les premières semaines sans exposer davantage une troisième ligne déjà fragilisée.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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