Vannes, la gentille petite équipe du Top 14 : ce que cache vraiment un compteur bloqué à zéro victoire après six journées
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Six journées, zéro victoire : Vannes traîne l’étiquette de « gentille petite équipe » du Top 14. Mais derrière ce compteur bloqué se cache une équipe bien plus proche des autres que ne le dit le classement, et un aveu de son capitaine : cette gentillesse, il va falloir la laisser au vestiaire.
Le RC Vannes ne compte qu’un petit point après six journées de championnat. Les promus bretons, derniers, pointent déjà à huit unités de Castres, l’avant-dernier. Chaque week-end, le scénario se répète : Vannes rivalise, n’est pas loin, et repart les mains vides.
« J’ai l’impression de me répéter mais chaque semaine, on n’est pas loin de gagner et on repart avec zéro point. On est encore la gentille petite équipe de Vannes, ça commence à être lourd. » La phrase est signée Nathanaël Hulleu, l’ailier breton, après la défaite à Perpignan (21-12). Elle pose en une ligne le paradoxe de la saison vannetaise.
Un compteur à zéro qui cache une équipe compétitive
Les chiffres racontent pourtant une autre histoire que celle d’un promu dépassé. Vannes possède la neuvième défense du Top 14 avec 176 points encaissés.
Mieux : les Bretons n’ont jamais pris de grosse « valise ». Leur plus large défaite est un -18 concédé au RC Toulon. En moyenne, sur ces six journées, ils ne perdent que de moins de dix points, 9,8 très exactement.
La courte défaite face à Toulouse, disputée au Roazhon Park de Rennes, l’enceinte ouverte en 1912 sous le nom de stade de la Route de Lorient, en est la meilleure illustration. Vannes espère ainsi devenir le premier club promu à se maintenir depuis l’Aviron Bayonnais en 2022-2023.
« Gentille petite équipe » : le problème est aussi mental
Cette étiquette, le capitaine Francisco Gorrissen n’en veut plus. Le troisième-ligne argentin a tranché : « Il faut arrêter d’être un peu le gentil, il faut être un peu plus craint, nous faire respecter un peu plus. »
Le Puma aux trois sélections l’assume sans détour : « Le rugby est un sport très mental. Quand on parle de physicalité, c’est parfois simplement une question de mentalité, de la manière dont on va au contact. »
D’où l’appel lancé au vestiaire et aux tribunes. « Nous avons besoin de tous nos supporters pour mettre l’ambiance », clame le capitaine, qui demande « cinq à dix pour cent d’efforts supplémentaires » à chacun. La conclusion tient en une phrase : « Il faut apporter un peu de folie et aller chercher cette belle victoire. »
Clermont, l’adversaire parfait pour déverrouiller le compteur
Samedi à la Rabine, l’ASM débarque en plein doute. L’équipe de Christophe Urios n’a remporté que deux de ses six matchs de Top 14 et reste sur trois revers de rang, toutes compétitions confondues, le dernier face au Leinster en Champions Cup.
Jean-Noël Spitzer refuse pourtant tout excès de confiance. « C’est un match où l’on ne peut pas envisager autre chose que la victoire, car cela nous éloignerait trop des équipes qui nous précèdent », pose le manager vannetais, qui se méfie d’une ASM « solide sur les ballons portés » et d’une charnière Jauneau-Plummer capable de « mettre du mouvement dans le jeu ».
La météo bretonne s’en mêle : le manager s’attend à des conditions difficiles samedi, pour la première fois de la saison. Il y a deux saisons, Clermont était venu s’imposer d’un rien à la Rabine (19-20). Les Vannetais espèrent cette fois inverser la tendance et enfin déverrouiller ce compteur.