XV de France : Gazzotti marque des points malgré un changement de poste inattendu
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La tournée estivale des Bleus est souvent servie de laboratoire. Pour certains joueurs, elle a pesé comme un test. Pour Gazzotti, elle ressemble plutôt à une fenêtre ouverte.
La troisième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles a été utilisée en numéro 8, son poste naturel, avant de glisser en flanker lors du dernier match après le forfait d’Oscar Jegou. Le genre de déplacement qui peut brouiller les repères. Lui en a fait une preuve d’adaptation.
Un numéro 8 déplacé, mais pas diminué
Gazzotti ne cache pas sa préférence : il aime jouer au centre de la troisième ligne. Le poste de numéro 8 colle à son profil, à sa capacité à porter, à rester disponible autour des zones de contact et à donner de la continuité au jeu.
Mais contre le Japon, avec le numéro 7 dans le dos, le Bordelais n’a pas donné l’impression de subir son repositionnement. Il a expliqué avoir touché pas mal de ballons et avoir pris du plaisir malgré ce rôle différent.
Cette nuance compte. Dans une troisième ligne française où les places sont rares, il ne suffit plus d’être bon dans un seul registre. Le staff cherche des joueurs capables de s’adapter sans perdre leur impact.
Exemple concret : dans une fin de match fermée, un joueur comme Gazzotti peut être utilisé en flanker pour couvrir davantage de largeur, tout en gardant ses qualités de porteur près des rucks. Ce n’est pas exactement le même poste, mais le service rendu au collectif reste précieux.
Le système des Bleus lui donne une vraie marge
Gazzotti a également donné une clé intéressante sur le fonctionnement du XV de France de rugby. Selon lui, le système laisse une certaine liberté aux avants, avec des organisations au milieu du terrain en 4-4, et parfois même dans une forme plus regroupée.
Son idée est simple : les troisièmes-lignes doivent faire avancer le ballon, fixer la défense, puis libérer de l’espace pour les trois-quarts. Dans ce cadre, le numéro sur le dos change moins de choses qu’on pourrait le croire.
C’est là que son repositionnement devient intéressant. S’il peut rester actif, toucher des ballons, jouer après contact et participer à la circulation offensive, Gazzotti n’est pas condamné à attendre une place stricte en numéro 8.
Le match face au Japon, remporté largement par les Bleus à Tokyo, a renforcé cette impression d’un joueur utile dans plusieurs configurations. Pas forcément spectaculaire à chaque séquence, mais lisible dans ce qu’il apporte : de la densité, de la disponibilité et une vraie envie d’exister.
La concurrence rend son été encore plus précieux
Le vrai sujet, maintenant, c’est la suite. La troisième ligne du XV de France est l’un des secteurs les plus chargés du groupe. Grégory Alldritt, François Cros, Charles Ollivon, Oscar Jegou, Paul Boudehent, Mickaël Guillard, Lenni Nouchi ou encore Anthony Jelonch : la liste donne déjà le ton.
Dans ce contexte, Gazzotti avait besoin de laisser une trace. Pas seulement avec une bonne prestation isolée, mais avec un signal plus large : il peut entrer dans la rotation, accepter un ajustement tactique et continuer à jouer avec personnalité.
Son été ne lui garantit évidemment rien pour la tournée de novembre. La hiérarchie dépendra aussi des retours, des formes du moment et des choix de Fabien Galthié. Mais il a fait mieux que simplement participer : il a ajouté son nom à la discussion.
Pour un joueur qui n’avait plus connu de sélection depuis sa première cape en novembre, c’est déjà beaucoup. Et dans un secteur aussi concurrentiel, marquant des points quand on ne joue même pas toujours à son poste préféré, c’est souvent le signe que le staff peut commencer à vous regarder autrement.