« Je pense que nous méritons d’être mieux payés » : Sabalenka pense à « Boycotter » Roland Garros à cause de la part des gains versés aux joueuses et joueurs

Aryna Sabalenka

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Publié le mai 6, 2026

Depuis Rome où elle dispute le WTA 1000, la numéro 1 mondiale a déclaré qu’il faudrait boycotter Roland-Garros si c’est la seule solution pour défendre les droits des joueuses.

Cette déclaration intervient alors que le tournoi parisien augmente sa dotation à 61,7 millions d’euros, mais refuse toujours de verser plus de 15% aux joueurs et joueuses.

Sabalenka prête à boycotter Roland-Garros : « Sans nous, il n’y aurait pas de tournois »

La déclaration est tombée en conférence de presse, à Rome, le 5 mai 2026. Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale de tennis, n’a pas mâché ses mots. « À un moment donné, il faudra boycotter si c’est la seule solution pour défendre nos droits. S’il faut en arriver au boycott, je pense que nous, les joueuses, nous pouvons nous unir, car certaines choses en Grand Chelem sont vraiment injustes pour nous. » (Aryna Sabalenka, conférence de presse WTA 1000 Rome, 5 mai 2026.)

Le timing n’est pas anodin : à trois semaines de Roland-Garros, la numéro 1 mondiale choisit de hausser le ton depuis la tribune la plus visible du circuit.

La nuance existe : Sabalenka parle d’un boycott conditionnel. Elle dit « à un moment donné » et « si c’est la seule solution ». La menace est réelle, mais elle reste suspendue à l’attitude des organisateurs. Ce qui ne l’empêche pas d’aller au fond de sa pensée. « Nous faisons le show. Sans nous, il n’y aurait pas de tournois, pas de divertissement. Je pense que nous méritons d’être mieux payés. » (Aryna Sabalenka, 5 mai 2026.)

Cette prise de position s’inscrit dans une mobilisation collective organisée, et les chiffres expliquent pourquoi la tension monte.

L’écart qui fâche : 15% contre 22% sur 61,7 millions d’euros

En avril 2025, les meilleurs joueurs et joueuses des circuits ATP et WTA ont cosigné une lettre commune adressée aux organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem. Jannik Sinner, Carlos Alcaraz, Alexander Zverev, Coco GauffIga Swiatek, Aryna Sabalenka : les noms au bas de cette lettre représentent l’élite mondiale des deux circuits. Leur demande est précise : 22% des revenus générés par les tournois.

Roland-Garros n’a pas répondu sur ce point. Le tournoi parisien annonce une dotation record de 61,7 millions d’euros pour 2026, en hausse de 9,5% par rapport aux 56,4 millions d’euros de 2025. Mais la part effectivement reversée aux joueuses et joueurs resterait probablement inférieure à 15% de cette enveloppe. L’écart avec les 22% demandés n’est pas symbolique. Sur 61,7 millions d’euros, il représente plusieurs millions d’euros de différence concrète, répartis entre les 128 joueuses et 128 joueurs du tableau principal, sans compter les qualifications.

L’argument est structurel : droits télévisés, revenus publicitaires, billetterie tout repose sur leur présence. Leur part des revenus ne reflète pas ce poids économique.

Cette mobilisation collective dépasse les clivages habituels entre circuits ATP et WTA. Mais à l’intérieur même du circuit féminin, la stratégie pour y parvenir divise.

Swiatek freine : « Le boycott serait un peu extrême »

Iga Swiatek occupe le troisième rang mondial au moment de ces déclarations. Elle a cosigné la lettre collective d’avril 2025. Elle partage le diagnostic sur les inégalités de rémunération aux Grands Chelems. Mais elle ne partage pas la méthode de Sabalenka.

Avant son entrée en lice à Rome, la Polonaise a posé ses limites clairement. « Le boycott des tournois serait quand même une solution un peu extrême. Le plus important est de communiquer et de discuter avec les organisateurs, de négocier. » (Iga Swiatek, Rome, mai 2026.)

Ce désaccord entre les deux premières joueuses du monde révèle que le mouvement collectif, aussi large soit-il, ne dispose pas encore d’une ligne d’action unifiée. Sabalenka pousse vers la confrontation. Swiatek préfère la pression par la négociation.

Un boycott de Roland-Garros, même partiel, serait sans précédent dans l’histoire moderne du tennis professionnel. Son impact médiatique serait immense. Mais son risque juridique et financier pour les joueuses concernées l’est tout autant. La prudence de Swiatek traduit une lecture différente du rapport de force, pas une capitulation.

Les joueuses et joueurs ont une voix collective, mais pas encore une stratégie unifiée. Les organisateurs de Roland-Garros ont jusqu’au 25 mai pour réagir. Sans geste concret de leur part, le boycott, longtemps considéré comme impensable, pourrait cesser d’être une hypothèse.

Si vous étiez à la place des joueuses, choisiriez-vous le boycott ou la négociation ?

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