Trail

« J’ai été le premier des autres » : Chassagne premier français sur l’UTMB résume la supériorité de Ben Dhiman et surtout la violence de cet UTMB

Par Gilles Marchetti
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement

Baptiste Chassagne n’a pas gagné l’UTMB, mais sa deuxième place raconte presque aussi bien la brutalité sportive de cette édition : derrière Ben Dhiman, il a surtout dû survivre à une course où même le podium n’a jamais été confortable.

La formule « J’ai été le premier des autres » colle à ce paradoxe. Elle dit la frustration d’un coureur venu jouer la victoire, mais aussi la lucidité d’un Français qui termine juste derrière un vainqueur hors norme.

Sur l’UTMB 2026, Chassagne n’a pas seulement fini deuxième. Il a tenu une place immense dans une course écrasée par le rythme de Ben Dhiman, avant de résister au retour de Caleb Olson dans une arrivée à couper le souffle à Chamonix.

Chassagne battu, mais pas effacé

Baptiste Chassagne a bouclé l’UTMB 2026 à la deuxième place. Lyon Capitale lui attribue un chrono de 18h47’44 » sur les 174 kilomètres de parcours, derrière Ben Dhiman, vainqueur en 18h16’29 ».

L’écart avec l’Américain raconte une domination nette. Une trentaine de minutes sur un parcours aussi dense, ce n’est pas un détail de classement : c’est le signe d’un vainqueur qui a imposé son tempo loin de l’arrivée.

Sud Ouest décrit justement Ben Dhiman comme un coureur parti dans un numéro solitaire après avoir pris les commandes dès la sortie des Contamines, autour du 35e kilomètre. L’UTMB s’est alors transformé en poursuite, avec Chassagne dans le rôle le plus ingrat : immense performance, mais victoire déjà très loin.

Le Monde.fr rappelle aussi le contexte qui rend cette victoire plus lourde encore : un an après avoir terminé en deuxième position, Ben Dhiman a remporté, samedi 29 août, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Il n’a donc pas seulement gagné une course. Il a converti une revanche sportive.

Une fin de course qui transforme la deuxième place en combat

Si Chassagne peut se sentir accompli, c’est aussi parce que sa deuxième place a failli lui échapper. Lyon Capitale rapporte que Caleb Olson termine troisième en 18h48’24 ». L’écart avec le Français : environ 40 secondes.

Sur un ultra, 40 secondes après près de 19 heures d’effort donnent une image assez crue de la course. Chassagne était battu pour la victoire, mais encore obligé de se battre pour sauver son rang. C’est là que son UTMB prend une autre dimension.

Le même récit évoque une chute et un retard d’une vingtaine de minutes au passage du col Ferret. Malgré ça, Chassagne a résisté. Pas pour gagner, mais pour garder la place qui faisait de lui le premier Français, et l’un des rares hommes capables de passer sous les 19 heures sur cette édition.

Ce détail change la lecture du podium. Deuxième, oui. Derrière Dhiman, largement. Mais devant Olson, presque au sprint à l’échelle d’un ultra. La course de Chassagne se joue entre ces deux vérités : dominée par plus fort, puis sauvée par sa propre résistance.

Le premier Français d’une édition qui a changé d’échelle

La Fédération Française d’Athlétisme a résumé la performance avec sobriété : Baptiste Chassagne, deuxième chez les hommes, a réalisé une nouvelle deuxième place, deux ans après la précédente. Cette répétition dit quelque chose de son niveau réel sur l’UTMB.

Chassagne n’est pas un invité surprise du podium. Il confirme sa capacité à exister sur l’épreuve reine, même lorsque la course bascule dans des chronos rarement vus. Dans le corpus disponible, Sud Ouest présente Dhiman comme le premier coureur à terminer la boucle en moins de 19 heures, sur un parcours annoncé à 173 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif.

Ce changement d’échelle donne tout son poids à la phrase du Français. Être « le premier des autres », dans ce contexte, ce n’est pas se cacher derrière une excuse. C’est reconnaître que Dhiman a couru dans une autre zone, tout en supposant que la deuxième place avait une vraie valeur.

Il y a donc deux conférences possibles. La froide, celle du classement : Ben Dhiman premier, Baptiste Chassagne deuxième, Caleb Olson troisième. Et la sportive, plus forte : Chassagne sort battu, mais pas diminué. Son UTMB est celui d’un coureur qui n’a pas eu la victoire, mais qui a tenu debout jusqu’au bout dans une édition d’une dureté rare.

Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

Voir ses articles