« Quand tu reviens à la maison, ça se passe forcément bien » : À l’UBB, Cameron Woki retrouve son meilleur niveau au meilleur des moments

Cameron Woki
Publié le mai 18, 2026

Le retour de l’enfant prodigue transfigure la Gironde. Revenu l’été dernier à l’Union Bordeaux-Bègles après un exil de trois saisons au Racing 92, Cameron Woki réalise un exercice 2026 tout simplement stratosphérique.

Moins d’une semaine avant de défier le Leinster en finale de Champions Cup à Bilbao, le flanker international s’impose comme l’arme fatale et le leader de touche indiscutable des champions d’Europe en titre. Entre concessions financières payantes, épanouissement personnel et osmose parfaite avec le jeu de mouvement prôné par Yannick Bru, ce second mariage aux allures de rédemption s’avère être une réussite totale pour le joueur et son club de cœur.

C’est une romance du rugby moderne comme on en fait peu. En 2022, le départ de Cameron Woki vers les Hauts-de-Seine, consécutif à un clash mémorable avec Christophe Urios, avait laissé un goût d’inachevé en Gironde. Quatre ans plus tard, l’international aux 33 sélections a accepté de diviser ses émoluments par deux pour retrouver le parfum de Chaban-Delmas. Un pari romantique mais surtout un choix sportif d’une efficacité redoutable, tant le troisième ligne semble avoir franchi un palier athlétique et stratégique.

« Quand tu reviens à la maison, ça se passe forcément bien » : le sacrifice qui explique tout

En 2022, Christophe Urios vise publiquement Cameron Woki et Matthieu Jalibert. La sortie médiatique plombe la fin de saison des deux joueurs. Woki part au Racing 92. La greffe ne prend jamais vraiment.

Dès la saison suivante à Paris, il exprime des regrets. Laurent Marti, président de l’UBB, le confirme : « Cameron Woki n’a jamais demandé à partir de l’UBB. Et je n’ai jamais demandé qu’il parte. C’est l’un des plus gros potentiels du rugby français à son poste. »

C’est Woki qui fait le premier pas : il se rapproche des dirigeants bordelais pour négocier son retour. Le club a un besoin concret remplacer Guido Petti. Les intérêts convergent.

L’accord se fait à un prix fort. Woki accepte une réduction de salaire de 50 % pour revenir à Bordeaux-Bègles. Ce n’est pas un détail comptable. C’est la preuve que ce transfert n’a rien d’un choix par défaut.

Woki résume lui-même ce que représente ce retour : « Quand tu reviens à la maison, ça se passe forcément bien. » Son frère Marvin complète : « Il avait besoin de retrouver son rythme de vie bordelais. Pour lui, c’était comme un retour à la maison. »

Matthieu Jalibert, le frère qui a ramené Woki à la maison

Tout commence bien avant le rugby professionnel. Woki évoluait à Massy quand il croise Jalibert pour la première fois, lors des sélections nationales moins de 16 ans. Une amitié naît là, solide, durable.

À Bordeaux, elle devient structurante. Jalibert a activement facilité le retour de Woki en interne. Pas seulement en ami : en levier.

Woki ne cache pas ce que cette relation représente pour lui : « Matthieu, pour moi, c’est mon frère. J’avais cette envie de rejouer ici avec lui. » Jalibert assume pleinement : « Nous sommes inséparables. Cameron est mon meilleur pote. Forcément, on aime passer du temps ensemble, et notamment sur des périodes de repos. »

Woki l’a dit à L’Équipe : « J’ai besoin de ces à-côtés. Je ne suis pas un joueur qui pense rugby tous les jours. » Un joueur qui a besoin d’équilibre hors du terrain pour performer dessus.

Frédéric Michalak, qui l’a côtoyé au Racing 92 en tant qu’entraîneur, valide cette lecture : « À un moment, vous ne pouvez pas répondre à toutes les sollicitations et être un bon joueur de rugby. Ça n’existe pas. En étant à Bordeaux, il s’est sûrement recentré et il est plus performant. »

11 essais, une finale, et un jeu qui le régale

« Le jeu produit par Bordeaux-Bègles lui convient beaucoup mieux. Quand ça joue de partout, Cameron se régale », tranche Marvin Woki. Le frère ne se trompe pas.

Les chiffres confirment le diagnostic : 11 essais en 27 matchs cette saison. Pour un troisième ligne, c’est l’une des meilleures productions offensives de sa carrière en club.

Le style de l’UBB, expansif, porté vers le jeu au large, libère Woki. Au Racing 92, le rugby était plus structuré, plus contraint. À l’UBB, il exprime sa puissance balle en main et sa capacité à surgir dans les intervalles.

Ce retour a aussi une dimension de réhabilitation. Marvin Woki le dit clairement : « Un de ses objectifs était de montrer que son départ vers le Racing n’était pas un mauvais choix. »

L’aboutissement arrive à Bilbao. Cameron Woki disputera sa première finale en club face au Leinster, en Champions Cup. Lui qui avait quitté Bordeaux avant que ce groupe ne franchisse ce cap, il y sera et il en est l’un des artisans directs.

Quand il est revenu en décembre 2025, il avait confié au Figaro : « J’ai l’impression que je ne suis jamais parti. » Cette phrase résume tout.

Cameron Woki n’est pas revenu à Bordeaux par nostalgie selon Midi Olympique. Il y est revenu parce que c’est là qu’il joue le mieux. Sa première finale en club face au Leinster à Bilbao sera l’occasion de le confirmer une dernière fois. Son frère Marvin formule le vœu le plus simple : « Qu’il continue à prendre du plaisir surtout. Tant qu’il sera heureux sur les terrains, il nous régalera. » Woki, lui, a déjà une idée de la suite : « On a hâte de reproduire ce duo, parce qu’on a connu de belles années à l’UBB et on a envie que ça se reproduise et que ça ne s’arrête pas. »

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