Après sa fin de saison monstrueuse, Grégory Alldritt peut-il rêver d’un retour en Bleu ?

Grégory Alldritt

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Publié le mai 20, 2026

Capitaine des Bleus il y a six mois, écarté du Tournoi des 6 Nations 2026, Grégory Alldritt traverse une fin de saison qui ressemble à une vengeance sportive.

Sa trajectoire pose une question simple : comment un joueur de ce calibre peut-il être écarté, puis revenir aussi fort ?

De l’humiliation à la domination : comment Alldritt a explosé les compteurs en fin de saison

La Rochelle sortait d’un hiver catastrophique, le club englué dans une crise sportive qui avait tiré Alldritt vers le bas. Ce contexte rend sa renaissance encore plus saisissante.

Contre le Racing 92 à Nanterre, il a affiché 13 passes, 3 offloads, 2 défenseurs battus et 35 mètres parcourus (données de match). Des chiffres de numéro 8 en état de grâce. Pas d’un joueur mis à l’écart de la sélection nationale.

Puis est venu Toulouse. Le 18 mai 2026, La Rochelle écrase le champion en titre 38-10 avec bonus offensif (données de match, Rugbyrama). Alldritt offre deux essais à ses coéquipiers. Il est élu MVP du week-end (Sud Radio Rugby, 19 mai 2026). Rugbyrama titre sans détour : « Alldritt en forme internationale ».

Lui-même ne cache pas ce que cette fin de saison représente. « On prend beaucoup de plaisir et après les mois compliqués qu’on a eu cet hiver, c’est déjà formidable », confie-t-il en zone mixte après la victoire contre Toulouse (Grégory Alldritt, 18 mai 2026). Il ajoute, à propos des supporters rochelais : « Ils ne nous ont pas lâché cet hiver et ils sont toujours là. Je suis très fier et ça nous porte sur cette fin de saison. »

Ce n’est pas un sursaut. C’est une démonstration construite sur plusieurs semaines. Et elle arrive au pire moment pour Galthié.

Pourquoi Galthié l’a écarté (et pourquoi cela pourrait changer)

En novembre 2025, Alldritt est encore capitaine des Bleus face aux Fidji. Galthié l’exempte ensuite de la tournée en Nouvelle-Zélande après 27 matchs dans les jambes et Mickaël Guillard en profite pour s’installer au numéro 8 (L’Équipe, 13 novembre 2025).

Le déclassement est brutal. Alldritt le dit lui-même avec une franchise désarmante : « J’avais besoin d’un peu d’amour » (Le Figaro, 2 novembre 2025). Derrière cette phrase, une blessure réelle transformée depuis en carburant.

Son entraîneur Jules Favre assume une part de responsabilité collective. « Quand une équipe est dominante, performante, dans le haut du classement, les sélectionneurs te voient plus et tout le monde est en meilleure position pour être sélectionné. Forcément, Greg paye un peu ça, aussi », déclare-t-il (Jules Favre, entraîneur du Stade Rochelais, Sud Ouest, 24 janvier 2026). Il va plus loin : « Il fait des bons matchs mais à côté de lui, nous, on n’en fait pas assez. »

Cette explication est structurelle. Alldritt n’a pas baissé de niveau. C’est le collectif rochelais qui l’a tiré vers le bas aux yeux du sélectionneur.

Deux éléments renversent aujourd’hui ce calcul. D’abord, La Rochelle remonte. Ensuite, Galthié n’a jamais totalement fermé la porte à un retour d’Alldritt. Et la concurrence au poste de numéro 8 reste moins dense qu’à d’autres postes. Guillard a profité de l’absence d’Alldritt. Mais il n’a pas verrouillé le poste.

Les prochains rendez-vous qui décideront de son retour en Bleu

Jules Favre l’avait annoncé en janvier. « Je pense qu’il a été un petit peu piqué et qu’il va avoir envie de performer. J’espère qu’il va tous nous emmener avec lui » (Jules Favre, entraîneur du Stade Rochelais, Sud Ouest, 24 janvier 2026).

La Rochelle a encore deux matchs dans le sprint final du Top 14 : le Stade Français, puis Montauban. Deux occasions supplémentaires pour Alldritt de s’afficher devant les observateurs du XV de France.

Le timing est favorable. Les matchs de préparation estivaux constituent une opportunité directe de réintégration. Et Midi Olympique ne prend plus de précautions : le journal estime qu’Alldritt est « redevenu une évidence pour l’équipe de France » (Midi Olympique, mai 2026).

Galthié n’a pas besoin d’être convaincu. Il a besoin d’une justification publique pour revenir sur son choix. Alldritt est en train de la lui fournir, match après match.

Alldritt n’a plus rien à prouver : il l’a fait sur le terrain. La vraie question est maintenant celle de Galthié : peut-il ignorer plus longtemps un numéro 8 en forme internationale, quand la concurrence au poste n’est pas écrasante ? Si La Rochelle continue sa remontée et qu’Alldritt maintient ce niveau jusqu’aux prochains matchs de préparation, comment Galthié justifierait-il une nouvelle absence ?

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