William Servat, co-entraîneur des avants du XV de France, confirme que le staff observe activement Cameron Woki et reconnaît ses progrès concrets, ouvrant la porte à un retour en équipe de France. Sa déclaration « On est attentifs à ses performances » n’est pas une formule de politesse : derrière, il y a des chiffres, une blessure au pire moment, et un joueur qui a changé de méthode.
Après trois saisons de rugby au Racing 92, Cameron Woki est revenu à l’Union Bordeaux-Bègles à l’été 2025 en acceptant une baisse de salaire, signe d’une détermination à retrouver son meilleur niveau. La question est simple : ce retour à l’UBB peut-il déboucher sur une convocation avant la Coupe du monde 2027 ? Ce que le staff observe concrètement chez Woki, et pourquoi le joueur joue l’humilité malgré l’intérêt affiché.
Woki « sincèrement très performant » : le staff France confirme son retour en observation active
William Servat ne mâche pas ses mots. Le co-entraîneur des avants du XV de France juge Cameron Woki « sincèrement très performant aujourd’hui » et estime qu’il « postule largement » pour un retour en sélection. Ce n’est pas anodin venant d’un membre du staff de Fabien Galthié.
Les chiffres sont sans appel. Entre 2020 et 2023, Woki a cumulé 28 sélections en équipe de France. Depuis la Coupe du monde 2023, il n’en compte que 5 réparties entre trois matchs du Tournoi des 6 Nations 2024 et deux matchs de la tournée d’été 2025 en Nouvelle-Zélande, soit environ 180 minutes au total. Un décrochage brutal pour un joueur qui avait été l’une des révélations du groupe France.
Le signe le plus concret de l’intérêt du staff reste sa convocation parmi les 42 joueurs rassemblés à Marcoussis lors du Tournoi des 6 Nations 2026. Une blessure au mollet l’a privé de cette opportunité au pire moment.
Servat identifie des progrès précis : combat, défense, rucks exactement les domaines où Woki était critiqué.
De la polyvalence au combat : comment Woki a changé de dimension à Bordeaux
Servat pose le diagnostic avec une franchise rare. « Cameron a joué sur son talent pendant des années, mais il était peut-être un peu moins précis sur les phases de contact et de combat, la défense, les rucks. Il est depuis rentré dans une autre sphère parce qu’il s’est mis à combattre. »
Pendant des années, Woki a surfé sur ses qualités athlétiques et sa polyvalence positionnelle. Deuxième ligne, troisième ligne, numéro 8 : la polyvalence ne suffisait plus au niveau international.
À l’Union Bordeaux-Bègles, le changement est visible de l’intérieur. Christophe Laussucq, entraîneur en charge de la défense au club, confirme : « J’ai retrouvé beaucoup de ses qualités. » Jefferson Poirot, capitaine de l’UBB, va plus loin : « Là où il a changé, c’est sur son leadership. C’est un joueur qui a mûri. »
Woki a 28 ans. Il n’est plus le jeune prodige qu’on ménage. Il est un joueur qui a fait des choix dont celui de revenir à Bordeaux en acceptant une baisse significative de salaire et qui en assume les conséquences sur le terrain.
Sur sa position idéale, Woki est catégorique : « Mon épanouissement, c’est en troisième ligne. J’ai été formé en troisième ligne, j’ai toujours performé là. Pour moi, je suis troisième-ligne. Mais je suis capable de jouer à plusieurs postes ! » Cette clarté positionnelle est elle-même un signe de maturité. Il ne cherche plus à plaire à tout le monde.
« Je n’ai pas d’échanges avec le staff » : pourquoi Woki joue l’humilité malgré l’intérêt
D’un côté, Servat qui observe, valide et ouvre la porte. De l’autre, Woki qui déclare : « Pour l’instant, je n’ai pas d’échanges avec le staff du XV de France. »
Aucun contact officiel.
Ce silence est une stratégie assumée. « J’ai pris une position, où je me concentre à 10 000 % sur le club. Je sais qu’il y a une Coupe du Monde en 2027, mais aujourd’hui, c’est uniquement le club que j’ai en tête. » Woki refuse de se disperser. Il a compris que la sélection se mérite par les performances, pas par les déclarations.
Ce positionnement n’est pas naïf. Il avait envoyé plusieurs messages à Laurent Marti, président de l’UBB, pour forcer son retour à Bordeaux ces deux dernières saisons. Woki sait ce qu’il veut. Il sait aussi comment l’obtenir.
Jouer l’humilité publique tout en travaillant dans l’ombre : c’est précisément ce que le staff France attend d’un joueur qui veut revenir.
Le retour de Woki en équipe de France est une question de timing et de constance. Le staff l’observe, le joueur se concentre sur son club, et la Coupe du monde 2027 reste l’horizon commun. Woki lui-même le dit clairement : « J’y pense, parce que la dernière édition a été un échec et on a tous envie de participer à cette Coupe du monde. » L’envie est là. La méthode aussi. Il manque encore une saison complète sans blessure pour transformer l’essai.
Woki mérite-t-il une convocation dès cet été, ou une saison complète sans blessure reste-t-elle le minimum exigible ?