« Il est temps pour moi de tourner une page » : Uini Atonio fait ses adieux au rugby
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Le pilier du Stade Rochelais et du XV de France a publié son message d’adieu sur les réseaux sociaux samedi 22 juin 2026.
Pour les fans de rugby français, c’est la fin d’une époque : celle d’un joueur qui a marqué 15 ans de l’histoire rochelaise et a porté le maillot bleu 68 fois. Mais contrairement à ce que suggère le titre, Atonio ne quitte pas vraiment le rugby il en change simplement de rôle.
Un accident cardiaque qui a tranche : la retraite imposée, pas choisie
Le 21 janvier 2026, Uini Atonio figure dans la liste des 42 joueurs sélectionnés pour le Tournoi des Six Nations 2026. Cinq jours plus tard, son forfait est annoncé sans explication. Le 28 janvier, la vérité éclate : un accident cardiaque survenu lors d’un échauffement avant le match contre Clermont, le 27 janvier (France Info, 28 janvier 2026).
Le Stade Rochelais confirme dans un communiqué officiel : « Les examens médicaux ont confirmé un accident cardiaque. Son état est aujourd’hui stable et il demeure, sous surveillance, en soins intensifs. »
La chronologie est implacable. Atonio n’a pas décidé d’arrêter. Il était en pleine activité internationale, au sommet de son art, quand son corps a tranché à sa place. Ce détail change tout à la lecture émotionnelle de l’annonce du 22 juin.
Quand il écrit « il est temps pour moi de tourner une page », ce n’est pas la formule d’un joueur fatigué qui choisit son moment. C’est un homme qui prend acte, cinq mois après, d’une décision que la médecine a prise pour lui.
Quinze ans de domination : le palmarès d’un pilier de légende
« Après 15 saisons formidables à La Rochelle et plus de 10 avec le XV de France, il est temps pour moi de tourner une page. » La formule d’Atonio est sobre. Les chiffres derrière elle ne le sont pas.
362 matchs disputés sous le maillot rochelais depuis 2011 (Equipe-France.fr, 29 janvier 2026). Atonio arrive en Pro D2, dans un club qui n’a pas encore de visage européen. Il accompagne la montée en Top 14 en 2014, puis les deux sacres en Champions Cup en 2022 et 2023.
Avec le XV de France, 68 sélections. Le Grand Chelem 2022. La victoire au Tournoi des Six Nations 2025. Élu meilleur pilier droit de la saison 2014-2015 par L’Équipe, il intègre l’équipe type du Top 14 en 2022, 2023 et 2024 (CNews/France Bleu, 28 janvier 2026).
Trois années consécutives dans l’équipe type. Pas une anomalie de calendrier : une constance rare à un poste où le corps encaisse tout.
La page du joueur se tourne, l’homme de rugby reste : vers une nouvelle vie au Stade Rochelais
Début juin 2026, à Marcel-Deflandre, lors de la dernière journée de Top 14, Will Skelton, Tawera Kerr-Barlow et Ihaia West s’avancent sur la pelouse. Ils font un haka à Uini Atonio devant un stade debout. Atonio n’a pas retenu ses larmes (Orange Sports / RugbyPass, 7 juin 2026).
Cet hommage précède de quelques semaines l’annonce officielle. Il en constitue, symboliquement, le vrai point de bascule.
Dans son message du 22 juin, Atonio écrit : « On dit souvent qu’on ne choisit pas toujours quand arrive la fin, mais je peux vous dire une chose : je quitte le terrain avec le sourire, fier du chemin parcouru et reconnaissant d’avoir partagé cette aventure avec vous. » Il évoque aussi « des troisièmes mi-temps mémorables (et parfois un peu floues…) » et concède : « Tout n’a pas toujours été facile, il ya eu des moments difficiles, des remises en question, quelques courbatures au réveil… Mais je ne changerais rien. »
Ses équipes réagissent immédiatement. Bastien Chalureau : « Quel joueur, quel homme, quel père. La vie est devant toi, et le meilleur reste à écrire. » Emmanuel Meafou, lui, résume en un mot : « Légende. »
Mais Atonio ne disparaît pas des vestiaires. Dans une interview accordée à RugbyPass en mai 2026, il avait été direct : « Je ne suis pas mort. » Il envisage un rôle d’entraîneur de la mêlée au Stade Rochelais dès l’été 2026 (RugbyPass, mai 2026).
Ses coéquipiers confirment sa présence quotidienne. Paul Boudehent le décrit « fidèle à lui-même ». Reda Wardi est précis : « On le voit souvent au stade et au centre d’entraînement, il fait ses exercices. » (Minute Sports, 21 avril 2026).
La page tournée, c’est celle du joueur. Pas celle de l’homme de rugby.
Atonio ne disparaît pas des vestiaires : il y revient en entraîneur. La retraite imposée par son accident cardiaque, il l’a transformé en transition au Stade Rochelais, là où tout a commencé en 2011.