« Je n’y pense pas du tout » : Ntamack refuse de laisser le Mondial 2027 envahir sa saison
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Romain Ntamack ne veut pas refaire la même erreur mentale qu’en 2023 : penser trop tôt à une Coupe du monde qui peut basculer en quelques secondes.
La phrase est courte, mais elle dit beaucoup. Interrogé sur le Mondial 2027, l’ouvreur du XV de France refuse de se projeter trop vite vers l’Australie. « Je n’y pense pas du tout », affirme-t-il, avec une prudence qui tranche avec l’attente autour de son retour au premier plan.
Le sujet n’est pas seulement sportif. Pour Ntamack, la Coupe du monde 2023 reste une blessure dans tous les sens du terme. Il avait tout préparé pour ce rendez-vous à domicile, avant qu’une rupture des ligaments croisés du genou ne le privé du tournoi quelques semaines avant le coup d’envoi.
Depuis, le Toulousain avance avec une idée simple : ne pas laisser 2027 envahir 2026. Pas encore. Pas tant que le terrain n’a pas parlé.
Pourquoi Ntamack bloque volontairement le Mondial 2027
La Coupe du monde 2027 est déjà un horizon immense pour le XV de France. Après l’échec douloureux de 2023, chaque grand nom tricolore sera forcément ramené à cette échéance. Ntamack encore plus que les autres, parce qu’il n’a pas pu vivre le tournoi organisé en France.
Mais son choix est clair : ne pas se mettre dans cette bulle trop tôt. La citation complète donne le ton : « Je n’y pense pas du tout. J’ai mis tellement d’énergie à préparer celle d’avant et je m’y étais tellement projeté que je préfère ne pas le faire pour la suivante tant que je ne serai pas sur le terrain. »
Ce n’est pas une absence d’ambition. C’est presque l’inverse. Ntamack sait ce que coûte une projection totale quand le corps lâche au pire moment. En 2023, il arrivait lancé, avec le Stade Toulousain, un Bouclier de Brennus et un essai décisif en finale du Top 14 face à La Rochelle. Tout semblait correspondre.
Puis le match de préparation contre l’Écosse a coupé net cette trajectoire. Une rupture des ligaments croisés, une Coupe du monde manquée, des mois de rééducation. Pour un joueur censé porter le jeu français, le choc dépasse largement le simple forfait.
Une saison 2026-2027 à construire avant de rêver plus grand
Le point important, c’est le timing. Ntamack ne dit pas qu’il renonce à penser au Mondial. Il dit qu’il refuse de le faire avant d’avoir remis sa saison au centre. Dans son cas, la priorité devient presque mécanique : jouer, enchaîner, retrouver des repères, tenir physiquement.
C’est là que son message devient intéressant pour le Stade Toulousain comme pour le XV de France. Une Coupe du monde ne se prépare pas seulement avec des discours et des objectifs lointains. Elle se prépare également avec des mois de régularité, des matchs solides, des automatismes, et une capacité à ne pas transformer chaque rendez-vous en examen mondialiste.
Exemple concret : si un joueur pense déjà au Mondial à chaque match de Top 14, chaque douleur devient une alerte, chaque choix de repos devient un calcul, chaque performance moyenne prend une dimension énorme. En refusant ce piège, Ntamack cherche surtout à garder une saison normale. Et pour lui, une saison normale serait déjà une base très forte.
La phrase « Je n’ai pas envie de revivre une telle déception » résume cette logique. Elle ne ferme pas la porte à 2027. Elle rappelle juste que 2023 a laissé une trace assez forte pour changer sa manière d’aborder les grands objectifs.
Un signal fort pour le XV de France, sans effet d’annonce
our le XV de France, cette position peut aussi être lue comme un signal de maturité. Ntamack n’a pas besoin de promettre qu’il sera prêt pour 2027. Il sait que cette promesse n’a pas beaucoup de valeur si elle arrive trop tôt. Ce qui comptera, ce sera son niveau réel au fil de la saison 2026-2027.
Le rugby français a déjà vécu l’emballement autour d’une génération taillée pour gagner. Le cas Ntamack rappelle une vérité plus brutale : même les plans les mieux dessinés restent fragiles. Une blessure, un calendrier lourd, une reprise mal gérée, et tout peut changer.
Son refus de se projeter n’est donc pas un retrait. C’est une façon de reprendre le contrôle sur ce qu’il peut vraiment maîtriser. Le prochain match. La prochaine période de préparation. La prochaine séquence avec Toulouse. Puis, si tout tient, la suite avec les Bleus.
Dans une saison qui mènera peu à peu vers l’Australie, Ntamack a choisi de ne pas vivre avec le Mondial dans la tête dès le départ. Après 2023, cette prudence n’a rien d’anodin. Elle ressemble même à une décision forte : ne plus laisser un rêve prendre toute la place avant d’être sûr de pouvoir le jouer.