Mercredi 27 mai, le Tchèque Jakub Mensik, tête de série n°26, s’est effondré sur le court numéro 6 après sa victoire en cinq sets contre l’Argentin Mariano Navone.
Incapable de se relever seul, il a dû attendre plusieurs minutes avant d’être pris en charge par les soigneurs. La scène pose une question directe : jusqu’où Roland-Garros peut-il laisser des joueurs disputer des matches dans des conditions extrêmes, sans règle chaleur stricte comme les autres Grands Chelems ?
« C’est insensé » : l’effondrement de Mensik après 5 heures sous la chaleur
Près de cinq heures de jeu. 35°C sur les courts (données météorologiques, 27 mai 2026). C’est dans ces conditions que Jakub Mensik a terminé son deuxième tour à Roland-Garros 2026.
À l’issue de ce match de tennis, le joueur tchèque ne pouvait plus se lever. Les crampes l’avaient cloué au sol. Les soigneurs ont dû intervenir pour l’aider à quitter le court numéro 6.
En conférence de presse, Mensik n’a pas mâché ses mots. « C’est insensé de jouer avec cette chaleur, de passer plus de 4h30 sous ce soleil. On a peu de temps de pause, les changements de côté sont courts, c’est compliqué de faire redescendre sa température corporelle », a-t-il déclaré.
Il a également mis en cause l’arbitre de chaise : « Il y a des règles strictes, et je respecte ça, mais les conditions climatiques sont folles. L’arbitre a attendu de longues secondes avant de venir me voir et d’appeler les soigneurs. Son comportement, je ne le respecte pas. » Une accusation directe, qui dépasse la simple fatigue.
Les températures dépassaient 30°C depuis deux jours consécutifs à Paris (données météorologiques, 27-28 mai 2026) et devaient se maintenir à ce niveau les deux jours suivants. Mensik n’est pas un cas isolé : il révèle un problème structurel.
Djokovic dénonce : « Pourquoi pas de règle chaleur à Roland-Garros ? »
« Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas de règle relative à la chaleur. Je pensais qu’il y en avait une dans tous les tournois du Grand Chelem, mais quelqu’un m’a dit qu’il n’y en avait pas à Roland-Garros. » Ces mots sont de Novak Djokovic, 24 fois vainqueur en Grand Chelem, le 28 mai 2026.
Les autres tournois du Grand Chelem l’Open d’Australie, Wimbledon, l’US Open disposent de protocoles chaleur explicites. Des seuils de température déclenchent des pauses supplémentaires, voire des reports de matches. À Roland-Garros, la règle existe, mais elle repose sur un indice combiné chaleur-humidité. Selon les organisateurs, les seuils n’auraient pas été atteints lors de la journée du 27 mai.
Djokovic est allé plus loin. « Dans les tournois du Grand Chelem, cela ne devrait pas poser problème. On peut reprogrammer les matches car il y a beaucoup de courts », a-t-il précisé. La solution existe. Elle n’est pas appliquée.
Un indice combiné qui ne déclenche rien quand un joueur s’effondre : Mensik et Djokovic ne contestent pas la règle, mais son seuil de déclenchement.
Vendredi : Mensik face à de Minaur sous 34°C, sans garantie de changement
Vendredi, Jakub Mensik retrouve le court. Son adversaire sera Alex de Minaur, tête de série n°8, l’un des joueurs les plus rapides du circuit. Les prévisions météorologiques annoncent 34°C (Roland-Garros / prévisions météo, 28 mai 2026).
Aucune modification des règles n’a été annoncée par les organisateurs entre le 27 et le 28 mai. Mensik disputera donc ce troisième tour dans des conditions quasi identiques à celles qui l’ont mis à terre deux jours plus tôt.
Un joueur épuisé, un adversaire frais, des températures extrêmes : les conditions de ce match ne seront pas sportives. Elles seront physiologiques.
Roland-Garros se retrouve face à un dilemme : maintenir son calendrier ou protéger la santé des joueurs. Avec des températures qui ne baissent pas et aucune règle stricte en vue, les prochains jours risquent de reproduire le scénario de Mensik. Si vous étiez à la place de Mensik vendredi, joueriez-vous ce match dans ces conditions ?