L’UBB a été éliminée des phases finales du Top 14 samedi soir à Chaban-Delmas, battue par Clermont sur le score de 31 à 34.
Un résultat brutal pour un club qui venait de soulever la Champions Cup de rugby quelques semaines plus tôt. Mais ce qui donne du poids à la réaction de Laurent Marti, c’est qu’il avait anticipé cette gifle dès le 25 mai 2026 bien avant que le couperet ne tombe.
« On a vu la gifle arriver » : les signaux avant-coureurs que Marti avait lus
Laurent Marti n’est pas l’entraîneur de l’UBB. Il en est le président. C’est pourtant lui qui s’est présenté devant les caméras de TV7 pour assumer l’échec. À l’UBB, le patron parle quand ça fait mal.
Il n’a pas cherché à noyer le poisson. « On a vu la gifle arriver. Si on est honnête, on gagne de justesse à Bayonne (38-40), on gagne péniblement contre Perpignan (37-32), on voyait qu’on était quand même un petit peu en souffrance », a-t-il déclaré sur TV7 (8 juin 2026).
Ces deux victoires sur le papier portaient en eux les germes de l’élimination. Marti les avait lus comme des signaux d’alerte. Il avait même exprimé son pessimisme publiquement dès le 25 mai 2026, alors que le sacre européen était encore tout frais. Cette lucidité précoce n’est pas une posture rétrospective : c’est la lecture d’une équipe qui souffrait en championnat pendant qu’elle brillait en Europe.
Comment un club aussi bien géré a-t-il laissé cette souffrance s’installer sans corriger le tir ?
Champions Cup vs Top 14 : comment l’euphorie européenne a détourné l’UBB de ses priorités
La réponse, Marti la donne lui-même. Et il ne s’exclut pas du problème. « Dès que la Champions Cup a démarré, on a senti les joueurs, le staff et j’ai envie de dire le club et moi, je me mets dedans, totalement excités parce que cette compétition. Elle est magique. On n’avait pas envie de laisser la place. Donc indirectement, bien évidemment, on a peut-être été un peu trop focus sur la Champions Cup », a-t-il reconnu sur TV7 (8 juin 2026).
Un président qui dit « je me mets dedans » pour expliquer un échec collectif, ça ne se voit pas souvent dans le rugby professionnel.
L’effet tunnel créé par la Champions Cup a aspiré toute l’énergie du club. Joueurs, staff, direction : tout le monde regardait dans la même direction. L’Europe. Le Top 14 a payé le prix de cette concentration. Le sacre européen est mérité. Mais le Top 14 n’a pas attendu que l’UBB redescende de son nuage.
« Ça fait tache » mais pas de regrets : Marti refuse de renier la fierté du sacre
Marti ne dramatise pas. Il ne se flagelle pas non plus. Il tient les deux bouts en même temps.
« C’est vrai que ça fait tache de se faire éliminer du Top 14, mais franchement, les moments qu’on a vécus, le partage avec tous nos supporters, ce sont des moments magiques qui vont rester gravés », a-t-il affirmé sur TV7 (8 juin 2026).
Il reconnaît la tache. Il refuse de la laisser effacer le reste.
Et pour la suite ? Marti est déjà en mouvement. « Ce n’est pas la première fois qu’on a des déboires, j’avoue que la nuit de samedi à dimanche et la journée d’hier ont été un peu compliquées. Mais comme on le fait à chaque fois, moi tout de suite, je me remets au travail : qu’est-ce qu’on peut améliorer, comment on va faire ? » (TV7, 8 juin 2026). Pas de victimisation. Pas de discours creux. Juste une méthode.
Marti assume sans se victimiser, refuse de choisir entre la fierté du sacre et la responsabilité de l’échec. Pas de fuite, pas de dramatisation : juste du travail.
Pour les supporters, une question reste ouverte : cette lucidité suffira-t-elle à ramener l’UBB en phases finales du Top 14 la saison prochaine ?