L’UBB sacrée en Europe mais éliminée du Top 14 : Laurent Marti ne cache pas sa colère

Laurent Marti
Publié le juin 9, 2026

Dimanche 7 juin 2026, l’Union Bordeaux-Bègles termine 8e du Top 14 avec 14 victoires et 12 défaites, manquant les phases finales pour la première fois depuis sept ans.

Comment un club double champion d’Europe peut-il se retrouver éliminé de son propre championnat ? C’est la question que se posent, incrédules, les supporters bordelais.

Champions d’Europe mais éliminés du Top 14 : le paradoxe de l’UBB expliqué

Le 31 mai 2026 à Bilbao, l’UBB écrase le Leinster 41-19 en finale de la Champions Cup du rugby. Un score sans appel, un deuxième titre européen consécutif. Une semaine plus tard, l’effondrement.

Bordeaux-Bègles termine 8e du Top 14, éliminée pour deux petits points au classement. Deux points. C’est la marge qui sépare un double champion d’Europe des phases finales de son propre championnat.

C’est la première fois depuis 2019 soit sept ans de qualification consécutive que l’UBB n’accède pas aux phases finales du Top 14.

Quatre défaites à domicile au stade Chaban-Delmas cette saison résument le problème : contre Pau (34-33), le Stade Français (33-28), Montpellier (23-21) et Clermont (34-31). Quatre fois, Bordeaux a craqué là où une équipe de ce calibre ne devrait pas craquer.

La défaite contre Clermont résume tout. L’UBB menait 24-7 à la mi-temps. Elle a perdu 34-31. Ce retournement résume une saison où le groupe a manqué de ressources dans les moments décisifs.

Yannick Bru, manager de l’UBB, ne cherche pas d’excuses : « Quand on perd quatre fois à la maison, c’est difficile d’espérer quelque chose. »

« Un tsunami que tu prenais dans la figure » : Laurent Marti assume la colère

Sur TV7, Laurent Marti n’a pas choisi la langue de bois. « C’est vrai que ça fait tache de se faire éliminer du Top 14 », lâche-t-il.

Sa formule restera : « Cette saison, je l’ai vécue comme un tsunami que tu prenais dans la figure. » Une image forte d’autant que Marti admet aussitôt que les signaux étaient là.

« On a vu la gifle arriver. Si on est honnête, on gagne de justesse à Bayonne, péniblement contre Perpignan, on voyait qu’on était quand même un petit peu en souffrance… »

Parmi les causes structurelles, les blessures ont pesé lourd. Jean-Luc du Preez, l’un des piliers du pack bordelais, n’a disputé que trois matches cette saison, victime d’une grave commotion cérébrale. Son dernier match remonte au 18 janvier.

Avant même la fin de saison, Marti avait confié : « Malheureusement, on est mal engagés en Top 14, les joueurs sont fatigués, il y a des blessés, et ils vont célébrer ce titre. Je ne sais pas ce qui va se passer pour nous dans cette compétition. C’est dommage, parce que le Top 14 est extrêmement difficile à gagner, et il faut saisir sa chance chaque année. Là, je suis un peu pessimiste. »

L’aveu le plus lourd vient ensuite. « Indirectement, bien évidemment, on a peut-être été un peu trop focus sur la Champions Cup », reconnaît-il. Un président qui admet que la quête du titre européen a cannibalisé la saison domestique.

Après la fête, le travail : Marti déjà tourné vers l’avenir

Pierre Bochaton ne fait pas dans la nuance : « Gagner un titre européen, c’est bien. Mais le Top 14, c’est onze mois de compétition. Ne pas se qualifier sur le dernier match, c’est mettre la saison en l’air. »

Maxime Lucu, capitaine de l’UBB, est tout aussi direct : « Quand tu perds quatre fois à la maison, c’est difficile de prétendre à se qualifier. »

« Les moments qu’on a vécus, le partage avec tous nos supporters, ce sont des moments magiques qui vont rester gravés », reconnaît Marti. Mais il ne s’y attarde pas. « Tout de suite, je me remets au travail. Qu’est-ce qu’on peut améliorer ? J’ai envie d’enchaîner tout de suite pour améliorer la situation. »

L’UBB incarne en 2026 un paradoxe concret : dominer l’Europe tout en ratant son championnat national. Cette saison restera comme celle où le prestige européen n’a pas suffi à masquer une gestion défaillante du Top 14 et Marti est le premier à le reconnaître. La vraie question pour la saison prochaine : l’UBB peut-elle construire un projet qui ne sacrifie plus le Top 14 sur l’autel de l’Europe ?

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