Tessa Eliezer, 25 ans, joueuse de l’US Bergerac Vallée Dordogne, affirme avoir entendu l’insulte « Putain de noire » lors d’une demi-finale du championnat de France féminin de rugby à dix, disputée à Montech (Tarn-et-Garonne) le 6 juin 2026.
Le club adverse conteste. Deux procédures sont engagées.
« Putain de noire » : le témoignage d’une joueuse de rugby choquée
Le 6 juin 2026, l’US Bergerac Vallée Dordogne se déplace à Montech pour tenter de se qualifier pour la finale des championnats de France féminins. C’est à la mi-temps, lors d’un ruck, que tout bascule pour Tessa Eliezer.
« On était en pleine action et après un ruck, je déblaye et la joueuse adverse tombe au sol. Elle m’attrape le maillot et m’adresse un ‘Putain de noire’ », raconte la joueuse (ICI Périgord, 10 juin 2026).
Tessa Eliezer pratique le rugby depuis 13 ans selon La Dépêche. Jamais, selon elle, un tel incident ne s’était produit sur un terrain. Sur le moment, elle demande à ce que l’incident soit inscrit dans le rapport du match.
« Je tremblais, j’ai pleuré pendant un long moment car ça fait 13 ans que je fais du rugby et je n’avais jamais entendu ça sur un terrain », confie-t-elle (ICI Périgord, 10 juin 2026).
Le lendemain, elle publie sur Instagram une dénonciation publique. « Je tiens aujourd’hui à dénoncer publiquement ce comportement, car le racisme n’a sa place ni sur un terrain de rugby, ni ailleurs », écrit-elle (Instagram, 7 juin 2026).
Arbitres silencieux, rapport de match et double procédure
« Les arbitres affirment qu’ils n’ont pas entendu, mais je suis certaine d’avoir entendu cette insulte », déclare Tessa Eliezer (ICI Périgord, 10 juin 2026).
Ce silence arbitral ne clôt pas l’affaire. Dans le rugby amateur, les arbitres ne sanctionnent que ce qu’ils perçoivent directement d’où l’existence d’une voie disciplinaire distincte.
La commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine de rugby a été saisie et mène ses vérifications. En parallèle, Tessa Eliezer annonce son intention de déposer plainte pour injures à caractère raciste. Deux procédures distinctes sont donc engagées : l’une disciplinaire, l’autre pénale.
Dans les couloirs après le match, un argument a circulé dans l’entourage de l’accusée avancé par l’entraîneur et une coéquipière : la joueuse ne pourrait pas être raciste car son copain est arabe. Tessa Eliezer le réfute sans détour.
« Avoir un compagnon, un ami ou un proche d’une certaine origine ne constitue pas une excuse et ne permet pas de nier ou minimiser des comportements racistes », répond-elle (ICI Périgord, 10 juin 2026).
Deux clubs face à l’affaire : contestation et soutien
Les Coquelicots Montechois réfutent en bloc les accusations. Benjamin de Raed, co-président du club, défend sa joueuse : « C’est une jeune que je connais très bien, qui n’est pas du genre à dire cela. Je la crois à 100 % » (blog-rct.com, 10 juin 2026). Il reconnaît toutefois que l’affaire l’affecte durement, et se dit prêt à rencontrer les responsables de Bergerac pour « tirer cette histoire au clair ».
L’US Bergerac Rugby soutient de son côté Tessa Eliezer dans toutes ses démarches.
La commission de discipline de la Ligue Nouvelle-Aquitaine et la justice pénale auront à se prononcer. Tessa Eliezer a déjà posé la question centrale : « Le silence protège les auteurs, jamais les victimes. »
Selon vous, les procédures disciplinaires régionales sont-elles adaptées pour traiter les cas de discrimination dans le sport amateur ?