Toulon termine 9e en Top 14 avec un bilan de 13 défaites pour 12 victoires, à 13 points des places qualificatives, après une défaite 38-21 concédée contre Castres lors du dernier match de la saison.
Pour les supporters d’un club triple champion d’Europe (2013, 2014, 2015), cette saison est vécue comme une déception majeure, d’autant que le RCT avait atteint la demi-finale de Top 14 la saison précédente.
« Un échec, mais pas une catastrophe » : Mignoni assume sans dramatiser
Pierre Mignoni ne cherche pas à noyer le poisson. « L’objectif était le top 6 voire le top 4 en Top 14 donc c’est un échec. On a manqué de consistance et on ne mérite pas d’être dans ce top 6, mais ce n’est pas une catastrophe non plus », tranche le manager du RC Toulon.
Toulon n’a pas sombré : la demi-finale de Champions Cup prouve que le niveau existe. Une 9e place en Top 14, c’est douloureux pour un club de cette stature pas une relégation.
Mignoni refuse le catastrophisme comme la complaisance. « Ce n’est pas une saison réussie du tout. Ce n’est pas parce qu’on n’y est pas cette saison qu’il faut tout arrêter », déclare-t-il dans La Provence. Pour un club sorti d’une demi-finale de Top 14 la saison précédente, les ambitions étaient légitimes et non satisfaites.
19 absents et des bases fragiles : les vraies raisons de la débâcle
« On n’a pas été épargnés par le sort. On a eu des joueurs importants qui ont longtemps été blessés. À un moment donné, on avait 19 absents », explique Mignoni dans Nice-Matin. Composer un effectif compétitif avec 19 absents simultanés, c’est structurellement impossible.
Mignoni ne s’arrête pas aux blessures. « Je pense que nos bases n’ont pas été assez solides. On n’a certainement pas toujours été alignés au sein de l’équipe », reconnaît-il dans Nice-Matin. Les blessures ont révélé une fragilité préexistante. Elles ne l’ont pas créée.
Les départs de Facundo Isa et Leicester Fainga’anuku ont également pesé lourd. Deux profils de puissance en attaque, difficiles à remplacer à court terme.
Reconstruction en marche : Azéma, Fickou et la faim de revanche
« C’est une saison d’échecs, mais on a appris. Aujourd’hui, je sais comment on peut renverser ça », affirme Mignoni sur Rugbyrama.
Le retour de Franck Azéma est la pièce centrale du dispositif. Mignoni précise les contours de cette collaboration sans ambiguïté : « Franck ne sera pas manager, il va être coach essentiellement, c’est très clair. Il n’y a pas d’ego, on s’entend bien et on a la même philosophie pour le club. » La répartition des rôles est actée. Pas de doublon, pas de guerre de pouvoir.
L’arrivée de Gaël Fickou (32 ans) complète le tableau. Un profil d’expérience, de leadership et de qualité technique. La reprise est fixée au 16 juillet avec ce nouveau staff. Et Mignoni, malgré la fatigue accumulée, ne cache pas son impatience : « Si je n’étais pas fatigué, je n’aurais qu’une envie, c’est que la saison de rugby redémarre dès maintenant pour changer les choses. »
Mignoni a nommé l’échec, identifié ses causes et posé les bases du rebond. Avec Azéma en coach et Fickou en renfort, Toulon dispose des outils pour revenir au niveau attendu dès la saison 2026-2027.
Toulon peut-il retrouver le top 6 dès 2026-2027, ou faut-il une saison de transition supplémentaire ?