Tom Willis, numéro 8 de 27 ans élu meilleur joueur du championnat anglais, a choisi de rejoindre l’Union Bordeaux-Bègles à partir de 2026-2027.
Cette décision le prive automatiquement de la Coupe du monde 2027 en Australie. Il le sait. Il l’assume totalement.
Pourquoi Tom Willis renonce à la Coupe du monde pour l’UBB
Le sacrifice est réel et chiffrable. Tom Willis compte 8 sélections avec le XV de la Rose . Il vient d’être élu meilleur joueur du championnat anglais 2025-2026 avec les Saracens. C’est à ce moment précis, au sommet de sa Premiership, qu’il annonce son transfert vers l’Union Bordeaux-Bègles pour la saison 2026-2027.
La règle de la Rugby Football Union est sans appel. Tout joueur évoluant dans un club étranger est automatiquement exclu de la sélection nationale. Pas d’exception, pas de dérogation. Steve Borthwick n’a pas attendu : dès l’annonce du transfert, Willis a été écarté du groupe anglais.
À 27 ans, Willis se ferme lui-même la porte du Mondial 2027 en Australie probablement la seule Coupe du monde qu’il aurait disputé en pleine maturité physique.
« Je n’ai aucun regret » : le commentaire de Willis justifie son choix
Willis ne minimise pas ce qu’il laisse derrière lui. Il le nomme clairement. « Il y avait beaucoup de facteurs en jeu, comme quitter le pays, déménager loin de ma famille et le rugby, mais l’opportunité était trop belle pour la refuser », déclare-t-il.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale d’ambivalence dans ses mots. « Je n’ai aucun regret, je suis extrêmement enthousiaste », affirme-t-il. Ce n’est pas la formule convenue d’un joueur qui cherche à se convaincre. C’est la posture d’un homme qui a tranche après réflexion.
Il précise lui-même le processus mental qui l’a conduit là. « J’ai eu le temps de l’accepter et j’ai pris ma décision. Je pense plus au futur qu’à ce que je laisse derrière moi. » La Coupe du monde n’est pas niée. Elle est simplement dépassée dans sa hiérarchie personnelle des priorités.
Le retour à Bordeaux : une histoire de famille et d’expérience
Willis connaît Bordeaux. Ce transfert n’est pas un saut dans l’inconnu. En 2022-2023, après la faillite des Wasps qui l’avaient laissé sans club, il avait rejoint l’Union Bordeaux-Bègles pour une saison. Il en était parti avec une conviction. « Quand je suis parti de France, j’avais toujours en tête que c’était une expérience tellement agréable que j’aimerais y revenir un jour », confie-t-il.
Ce retour s’inscrit aussi dans une histoire familiale. Son frère aîné Jack Willis, 29 ans , troisième ligne aile, évolue au Stade Toulousain depuis 2022. Il a été élu meilleur joueur du Top 14 en 2024-2025. Jack a fait le même choix avant Tom : quitter l’Angleterre pour la France, au prix des mêmes contraintes de sélection.
Le précédent compte familial. Jack Willis a prouvé qu’un joueur anglais pouvait s’épanouir en Top 14 sans sacrifier sa carrière. Tom a vu de près ce que ce choix pouvait produire.
« C’est bizarre émotionnellement car nous sommes très proches », reconnaît Tom Willis. Deux frères, deux clubs rivaux, une même France comme terrain d’expression.
Tom Willis rejoint une liste croissante de joueurs anglais qui ont fait le même arbitrage : Jack Willis et d’autres ont choisi le Top 14 au détriment du XV de la Rose. La Premiership perd ses meilleurs éléments non par manque de compétitivité sportive, mais parce que la France offre un cadre de vie et un niveau de jeu que l’Angleterre ne compense plus.
Avec son frère Jack déjà établi au Stade Toulousain, les Willis deviennent une famille de rugby franco-anglaise, symbole d’une mobilité croissante au-delà des frontières nationales. Deux frères, deux clubs du Top 14, une même conviction que le meilleur rugby se joue aussi et peut-être surtout en France.
Et vous : à 27 ans, au sommet de votre discipline, choisissez-vous une Coupe du monde ou un projet de vie ?