« Finir comme ça, c’est un peu la honte » : O’Gara assume la déroute de La Rochelle

Ronan O'Gara

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Publié le juin 15, 2026

Le Stade Français a écrasé La Rochelle 45-5 le 14 juin 2026 au Stade Jean-Bouin , en barrage du Top 14, éliminant les Maritimes de la course aux demi-finales.

O’Gara livre une analyse rare : il distingue l’envie de ses joueurs du déficit physique structurel, et pointe sa propre préparation de semaine comme première cause de l’effondrement.

« Le premier responsable, c’est moi » : O’Gara assume sans détour

« Le premier responsable, c’est moi, parce que c’était mon plan, ma préparation de semaine », déclare Ronan O’Gara en zone mixte après le match (L’Équipe, 14 juin 2026) .

O’Gara est arrivé à La Rochelle en 2019. Il a mené le club à deux titres consécutifs en Champions Cup, en 2022 et 2023 la finale 2023 remportée face au Leinster. Ces deux sacrés ont fait de lui une référence du rugby européen.

Mais O’Gara pose une distinction nette. « On a joué contre une équipe avec plus d’énergie, pas avec plus d’envie », insiste-t-il (blog-rct.com, 14 juin 2026) . Il ne remet pas en cause l’engagement de ses joueurs. Il pointe un déficit physique structurel , lié à la préparation de la semaine et à la gestion de l’effectif sur la durée.

130 plaquages ​​en 30 minutes : l’épuisement physique qui tue La Rochelle

« Dans les trente premières minutes, on a fait 130 plaquages ​​et eux 12 », lâche O’Gara (blog-rct.com, 14 juin 2026) . Ce ratio résume le déséquilibre du match : La Rochelle a subi, sans jamais imposer son jeu.

Grégory Alldritt, capitaine rochelais, confirme l’ampleur de l’effort défensif. « On s’est tué à la tâche », dit-il. Le triplé de Romain Briatte aux 6e, 28e et 81e minutes illustre l’incapacité rochelaise à enrayer la machine parisienne. Le seul essai de La Rochelle, signé Jules Favre à la 52e minute, ressemble davantage à un sursaut d’orgueil qu’à une réaction collective (info.fr, 14 juin 2026) .

O’Gara va plus loin dans son analyse. Il identifie la touche et la mêlée comme secteurs défaillants et reconnaît que le personnel adverse a fait son travail. « Je dois féliciter leur staff, ils ont bien vu les faiblesses dans notre jeu » (L’Équipe, 14 juin 2026) . La semaine précédant le barrage, La Rochelle avait battu ce même Stade Français 27-22 à domicile, le 6 juin 2026, lors de la 26e journée (rugbypass.com) . Cette victoire avait assuré la qualification rochelaise en 6e place et offert au staff parisien une analyse complète des faiblesses adverses, avec huit jours pour les exploiteurs.

La remontada qui finit en honte : le prix d’une saison mal maîtrisée

Cette défaite s’inscrit dans une saison rochelaise chaotique. Après 17 journées, La Rochelle végétait à la 10e place, à 8 points du Top 6 (Eurosport, juin 2026) . Puis la remontada : 8 victoires en 9 matchs sur la phase retour, une qualification arrachée en 6e position avec 72 points au final, 15 victoires pour 11 défaites (info.fr) .

Ce retour spectaculaire à un prix. Alldritt la formule sans ambiguïté. « On a laissé trop de forces ces derniers mois, quand d’autres équipes ont pu faire tourner et gérer leur effectif. » Le Stade Français, 3e de la saison régulière, dispose de l’avantage du terrain et d’un effectif moins sollicité en fin de parcours. L’écart physique constaté en barrage n’est pas une surprise de dernière minute. Il est le résultat d’une saison entière mal maîtrisée.

Le mot « honte » n’est pas non plus une nouveauté dans le vestiaire rochelais. En février 2026, après une 5e défaite consécutive face à Montpellier (33-43), Alldritt l’avait déjà utilisé pour qualifier la situation du club (Eurosport, 14 février 2026) . Ce marqueur traverse toute la saison. Il revient en barrage, mais cette fois dans la bouche de l’entraîneur. Alldritt, lui, est concis : « La meilleure équipe à gagné. Il n’y a pas photo » (sports.orange.fr, 14 juin 2026) .

O’Gara incarne un rare moment de lucidité managériale : reconnaître l’échec sans accabler ses joueurs, c’est aussi admettre que la gestion saisonnière à ses limites. Quand une dépense effective toute son énergie à se qualifier, il lui en reste peu pour gagner une fois qualifiée. Cette débâcle pose une question structurelle au rugby français : comment gérer un effectif sur une saison complète pour éviter l’épuisement en phase finale, quand les matchs décisifs exigent précisément le maximum ?

La remontada rochelaise valait-elle le prix d’une élimination également visible en barrage ?

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