Vendredi 19 juin à 21h05, Toulouse affrontera le Racing 92 en demi-finale du Top 14 au Vélodrome, à guichets fermés : un stade devenu en deux et le théâtre des plus grands moments du rugby français pour les Haut-Garonnais.
Le Vélodrome n’est pas un stade comme les autres pour le Stade Toulousain : en deux ans, deux victoires écrasantes et ont construit une relation particulière. Pour Alexandre Roumat, cette enceinte marseillaise dépasse le cadre du rugby. Voici pourquoi.
« Une histoire derrière tout ça » : pourquoi le Vélodrome fascine Roumat et Toulouse
Alexandre Roumat ne choisit pas ses mots au hasard. Interrogé par La Dépêche du Midi le 15 juin 2026, le numéro 8 du Stade Toulousain est direct : « Pour nous, c’est synonyme de grands matchs. C’est un stade et un endroit qu’on apprécie, il y a une histoire derrière tout ça. »
Cette histoire tient à deux victoires concrètes et à une relation personnelle entre un joueur du Sud et une ville du Sud.
Roumat est né à Dax, dans les Landes. Il a été formé à Capbreton-Hossegor et à Biarritz, avant cinq saisons à Bordeaux-Bègles puis son arrivée à Toulouse à l’été 2022. Fils d’Olivier Roumat, ancien capitaine du XV de France (62 sélections) , il a grandi dans le bain des grandes scènes du rugby français. Marseille, pour lui, c’est une prolongation naturelle de cet univers méridional.
« Personnellement, c’est une ville dans laquelle j’adore aller même si ce n’est que pour le rugby. Je trouve qu’il y a une énergie, une truc qui se dégage, qui est différent des autres endroits », confie-t-il dans La Dépêche du Midi. Il ajoute : « Le mode de vie est complètement différent de ce que j’ai l’habitude de connaître. »
Ce n’est pas du folklore. Roumat décrit des moments concrets : « Quand on y est allés pour jouer Toulon, ou pour la finale, on est sortis un peu pour boire des cafés en ville, ou même se baigner dans des criques. » Le Vélodrome, pour lui, c’est aussi ce qui l’entoure. La ville, la lumière, la mer à portée de main.
Toulouse a remporté la finale 2024 au Vélodrome 59-3 face à Bordeaux-Bègles, le plus grand écart de l’histoire des finales du Top 14. En mai 2026, le club s’est imposé 51-27 face à Toulon dans ce même stade. Deux victoires, 110 points marqués, 30 encaissés : l’attachement de Roumat repose sur des faits, pas sur une intuition.
De la finale écrasante au retour triomphal : deux ans qui ont changé la donne
Le 28 juin 2024, le Vélodrome entre dans l’histoire du rugby français. Pour la première fois, une finale du Top 14 se dispute à Marseille. Toulouse y écrase Bordeaux-Bègles 59-3 : neuf essais à zéro, un record absolu pour une finale de championnat. Dans les tribunes, 66 760 spectateurs record d’affluence rugby dans cette enceinte.
Le Vélodrome (67 394 places, inauguré en 1937) est le deuxième plus grand stade de France. Il accueille habituellement l’Olympique de Marseille et sert régulièrement de stade à domicile au RC Toulon en Top 14.
Moins de deux ans plus tard, le 9 mai 2026, Toulouse revient au Vélodrome pour la 23e journée de Top 14. Toulon est à domicile. Le stade est décrit comme « en fusion ». Score final : 51-27 pour les Haut-Garonnais.
Ce vendredi 19 juin, les demi-finales reviennent à Marseille après neuf ans d’absence. À guichets fermés. Toulouse y vise un nouveau titre consécutif de champion de France, une performance rarissime dans l’histoire du rugby français.
« Ce n’est pas parce qu’on a eu de bons résultats qu’on en aura forcément de nouveau »
Roumat est un homme de précision. Il sait ce que valent les précédents et ce qu’ils ne garantissent pas. Sa mise en garde est claire, formulée dans La Dépêche du Midi : « Ce n’est pas parce qu’on a eu de bons résultats là-bas qu’on en aura forcément de nouveau. Mais ce sont toujours des matchs incroyables à jouer. Franchement, des demi-finales dans des grands stades comme ça, c’est ce dont on rêve tous en début de saison. »
Cette nuance n’est pas de la fausse modestie. Vendredi soir, en face, ce sera Racing 92 pas Bordeaux-Bègles en finale, pas Toulon en saison régulière. Une demi-finale à élimination directe, le passé n’y compte pas.
Roumat lui-même a les épaules pour ce rendez-vous. En 2025-2026, il a disputé 21 feuilles de match avec le Stade Toulousain, inscrivant 5 essais. Titulaire au numéro 8, il est devenu un rouage central de la machine toulousaine. Mais 21 matchs de saison régulière ne rapportent rien si la demi-finale est perdue.
L’énergie de Marseille peut nourrir un groupe, pas le distributeur de jouer.
Le Vélodrome : une histoire à écrire
Le Vélodrome n’inspire Roumat et Toulouse que parce qu’ils y ont gagné, pas l’inverse. Vendredi soir, il faudra écrire un nouveau chapitre et Roumat sait mieux que quiconque que rien n’est acquis. Toulouse parviendra-t-il à transformer l’énergie du Vélodrome en un nouveau titre consécutif, ou le Racing 92 viendra-t-il briser la série ?