La Rochelle s’est qualifiée pour les barrages du Top 14 en remontant de 7-12 à la mi-temps pour battre le Stade Français 27-22. Le manager irlandais Ronan O’Gara qualifie l’exploit d’extraordinaire.
Dimanche soir au Stade de Deflandre, La Rochelle a renversé un score de 7-12 à la pause pour s’imposer 27-22 face au Stade Français et arracher sa place en barrages du Top 14.
« C’est miraculeux » : comment La Rochelle a cru à l’impossible après la mi-temps catastrophique
7-12. C’est le score affiché à la mi-temps au Stade de Deflandre. À domicile. Contre une équipe que La Rochelle devait absolument battre pour survivre.
Dans ces moments-là, beaucoup de groupes lâchent. Pas celui de Ronan O’Gara. « C’est miraculeux d’être qualifié ! On a bien sûr eu besoin d’un miracle », a déclaré le manager irlandais en conférence de presse post-match.
Le mot est fort. Il est pourtant juste. La qualification rochelaise ne dépendait pas uniquement de ses propres résultats : il fallait aussi que Clermont s’impose à Bordeaux. Les deux conditions ont été réunies. La Rochelle est dans les six.
O’Gara n’est pas du genre à crier au miracle. Double champion d’Europe avec La Rochelle (2022, 2023), ancien demi d’ouverture du Munster et des Lions britanniques, il pèse ses mots. Quand il dit miraculeux, il mesure l’écart entre ce qui était probable et ce qui s’est produit.
Et cet écart, ce dimanche soir, était vertigineux.
Le discours de vestiaire qui a changé la donne : « Si c’était notre dernier match, on aurait des regrets »
À la mi-temps, O’Gara aurait pu paniquer. Chercher des coupables. Changer tout le système. Il a choisi autre chose.
« J’ai dit aux joueurs que si c’était notre dernier match de la saison à Deflandre, on aurait des regrets. La règle d’or est de rester dans le combat, bravo aux joueurs », a-t-il confié après la rencontre.
Un message simple. Mais dans un vestiaire sous pression, la clarté vaut de l’or.
Ce discours a résonné parce que le groupe l’avait déjà vécu. La saison a été difficile blessures, défaites, doutes. Mais La Rochelle affiche 8 victoires sur ses 9 dernières journées de championnat.
O’Gara ne se voile pas la face sur la saison globale. « Après toute la merde qu’on a mangée, nous sommes dans les six. Donc je vois le verre à moitié plein, pas à moitié vide », a-t-il lâché avec ce franc-parler qui le caractérise.
« On était les seuls fous à y croire » : la fierté d’un groupe soudé face aux doutes
O’Gara refuse catégoriquement le mot soulagement. « Je ne suis pas soulagé, c’est pour les faibles ça. Beaucoup pensaient qu’on était fous de croire qu’on pourrait se qualifier. Mais j’ai un groupe soudé », a-t-il martelé.
Dans les rangs des joueurs, le sentiment est identique. Judicaël Cancoriet, deuxième ligne du Stade Rochelais, a confirmé cette lecture collective : « On était un peu les seuls fous à y croire. J’ai juste beaucoup de fierté par rapport à la résilience des gars, du staff aussi. »
La Rochelle retrouve le Stade Français en barrage du Top 14 dimanche à 21h05. Le même adversaire. Un autre enjeu. Une équipe de rugby qui sait désormais qu’elle peut renverser n’importe quelle situation.
« C’est extraordinaire ce qu’on a fait. Je suis très fier d’être le manager de ce club », a conclu O’Gara. Des mots rares, dans la bouche d’un homme qui n’en distribue pas facilement.
La Rochelle retrouve le Stade Français en barrage dimanche. Pensez-vous qu’elle peut aller au bout ?