Quand la fin d’une aventure historique laisse des traces indélébiles dans les cœurs béarnais. Ce dimanche 14 juin 2026, au lendemain de la terrible élimination de la Section Paloise en barrage du Top 14 face au Racing 92 (31-33), Beka Gorgadze s’est présenté face au micro encore groggy par le scénario.
Pour la toute première phase finale de l’histoire du club disputée à domicile, le Hameau s’est transformé en un théâtre de regrets cruels, la faute à un trou d’air fatal en seconde période. Abattu mais digne, le capitaine géorgien refuse pourtant de baisser les bras et veut transformer ce traumatisme en acte fondateur pour l’avenir.
Le réveil est brutal en Béarn. Après une saison régulière magnifique qui a vu la Section Paloise s’inviter à la table des grands et s’offrir un barrage historique devant son public, le rêve s’est brisé pour deux petits points. Face au réalisme froid du Racing 92, porté par un doublé de Léo Carbonneau, les Vert et Blanc ont laissé filer un match qui était à leur portée. Quelques heures après le coup de sifflet final, l’émotion reste à vif et le capitaine palois peine encore à réaliser la fin de cette épopée.
« Je suis dans le brouillard » : Gorgadze face à l’incompréhensible
« Je vous avoue que je suis un peu dans le brouillard. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’on ait pu perdre comme ça. » Ces mots de Beka Gorgadze , prononcés à chaud après le coup de sifflet final, disent tout. Le capitaine de la Section paloise ne cherche pas à habiller la réalité. Il l’encaisse selon Rugbyrama.
« C’est dur… » Deux mots. Pas de discours. Juste l’honnêteté d’un leader qui parle pour tout un groupe.
Gorgadze identifie les causes sans détour. « On a trop facilement laissé marquer les Racingmen, notamment en deuxième mi-temps. Puis on perd trop de ballons sur nos possessions, ce qui nous coûte très cher. » Pau a encaissé 17 points en deuxième mi-temps fatal dans un match de rugby à élimination directe.
Le Racing 92 s’est qualifié pour les demi-finales du Top 14. Pau rentre à la maison. Deux points séparent les deux destins.
Derrière l’abattement, quelque chose d’autre transparent.
Du goût amer à la fierté : commentaire Gorgadze transforme la défaite
« Il y a énormément de fierté pour tout ce qu’on a pu accomplir cette année. Et j’espère que l’année prochaine, on repartira encore plus fort, avec cette sensation de goût amer dans la gorge. » La phrase arrive vite, presque naturellement. Comme si Gorgadze avait déjà commencé à travailler le deuil.
Ce n’est pas de la façade. « C’est cette sensation, ce goût amer, qui nous donne encore plus de force pour repartir encore plus fort dès l’année prochaine. » Le capitaine palois ne nie pas la douleur. Il la recycle.
Le goût amer n’est pas une faiblesse. C’est ce que Gorgadze emporte pour septembre.
Le Hameau comme refuge : quand le public soutient au-delà du résultat
Dans les minutes qui ont suivi le coup de sifflet, le public n’est pas parti. Il est resté. Et Gorgadze l’a senti.
« C’était incroyable. On ne peut que dire merci, vraiment. On sentait qu’ils étaient là. On sentait le soutien. C’était quelque chose de fort. » Dans une soirée aussi cruelle, ce soutien ne change pas le score. Mais il change ce qu’on emporte dans le vestiaire.
Un public qui reste après une défaite en barrage envoie un signal clair : cette saison valait quelque chose.
Gorgadze tient les deux combats : l’abattement du soir et la détermination du lendemain. Pau reviendra en Top 14 la saison prochaine avec ce goût amer en mémoire. Suffisant pour aller plus longe ?