Damian Penaud a marqué un essai dès la 2e minute face à la Nouvelle-Zélande, son 41e en 60 sélections record absolu de l’histoire du XV de France , avant d’être contraint de quitter le terrain à la mi-temps sur blessure au mollet.
La France s’est inclinée 34-32 face aux All Blacks en ouverture du Championnat des nations, mais c’est le scénario de Damian Penaud qui résume le cauchemar de cette première journée. Après sept mois d’absence et une éviction volontaire du Tournoi des Six Nations 2026, le meilleur marqueur d’essais de l’histoire du XV de France avait tout à prouver sur cette tournée. Il a prouvé en deux minutes, puis a dû sortir blessé : un retour en fanfare transformé en point d’interrogation géant pour la suite du Championnat des nations.
41e essai en 60 sélections : le record qui n’a pas suffi
Deux minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Damian Penaud pour rappeler pourquoi son absence avait été si remarquée.
Dès l’entame du match contre la Nouvelle-Zélande, l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles aplatit son 41e essai en 60 sélections . Un chiffre qui dépasse définitivement Serge Blanco et son total de 38 essais, longtemps considéré comme intouchable. Penaud est seul, loin devant, dans les livres d’histoire du rugby français.
Sauf que ce record arrive dans un contexte particulier. Penaud n’avait plus porté le maillot bleu depuis le 22 novembre 2025. Plus de sept mois d’absence. Et pas n’importe quelle absence : Fabien Galthié l’avait écarté de l’intégralité du Tournoi des Six Nations 2026 au profit notamment de Théo Attissogbe, assumant ce choix comme un message collectif. « C’est aussi un message pour nos 42 joueurs », avait-il déclaré en 2025 lors d’une première mise à l’écart, logique reconduite jusqu’à l’annonce de la liste du Tournoi en janvier 2026.
Cette tournée Nouvelle-Zélande, Australie, Japon était la seule fenêtre de reconquête disponible avant la fin de saison.
L’essai à la 2e minute révèle une réponse parfaite. Il s’est transformé en préambule d’un scénario bien plus sombre.
Sorti à la mi-temps : la blessure qui interrompt la reconquête
Avant le match, Pierre Bochaton avait résumé l’état d’esprit de son coéquipier avec une franchise désarmante : « Je pense que ça a touché son ego de ne pas y être pour les 6 Nations, donc je pense qu’il est revanchard. Il est prêt à rechausser les crampons et à montrer de quoi il est capable. »
L’essai semblait lui donner raison la suite a tout contredit.
Quelques minutes après son coup d’éclat, Penaud ressent une tension au mollet. Il tient jusqu’à la mi-temps, mais ne revient pas en seconde période. Antoine Hastoy prend sa place. Galthié a expliqué la décision après le match : « Il a préféré arrêter car il sentait une tension au mollet avant de se déchirer, c’est ce qu’il nous a dit. On est 42 quand même, on a de quoi travailler. »
Le ton est mesuré, presque administratif. Mais derrière cette phrase se cache une réalité sportive bien moins confortable.
Penaud n’a pas été sorti par précaution : il a senti son mollet lâcher. Après sept mois d’absence et une mise à l’écart qui a blessé son orgueil, il termine son premier mi-temps de retour sur une table de soins.
Le timing est d’autant plus cruel qu’à un an de la Coupe du Monde 2027, chaque tournée compte double pour les joueurs en quête de légitimité.
Australie en doute : Penaud et les Bleus face à une crise d’effectifs
Le prochain match des Bleus est programmé le 11 juillet face à l’Australie. Galthié a laissé la question ouverte : « Sur un des ailiers qui sont forfait, sur un des trois-quarts polyvalents. Est-ce que la blessure est définitive ? On va voir. »
« On va voir. » Pas franchement rassurant.
Si Penaud est indisponible, Théo Forner serait le seul ailier de métier restant dans le groupe des 42 une option mince pour un poste clé.
La situation est aggravée par les blessures survenues lors de ce même match : Pierre Bochaton, celui-là même qui décrivait Penaud comme « revanchard » deux jours plus tôt, a lui-même été sorti à la 35e minute pour des douleurs aux cervicales. Max Spring, entré en cours de jeu, a glissé sur l’aile et s’est infligé une coupure au genou nécessitant une dizaine de points de suture.
Trois ailiers ou joueurs de couloir touchés en un seul match. Galthié doit gérer une crise d’effectifs réels, pas théorique, dès la première journée d’une tournée de trois matchs.
En quarante minutes, Penaud a résumé la fragilité de ce retour : un essai record, puis une sortie sur blessure. Avec seulement Théo Forner en sauvegarde à l’aile et une cascade de blessures qui s’accumulent, Galthié doit désormais gérer une crise d’effectifs en plein Championnat des nations. Penaud sera-t-il rétabli pour le 11 juillet face à l’Australie ? Et si ce n’est pas le cas, qui Galthié alignera-t-il à l’aile avec un groupe déjà décimé ?