Un cadre majeur du Stade Toulousain dans le viseur de Biarritz mais le projet est-il vraiment réalisable ?

Cyril ARROSTEGUY

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Publié le juin 10, 2026

Quand le Pays Basque se prend à rêver d’un coup de tonnerre sur le marché des transferts. Ce mardi 9 juin 2026, les dirigeants du Biarritz Olympique ont publiquement dévoilé leurs ambitions XXL pour replacer le club historique au sommet du rugby français.

Englué en Pro D2, le BO, porté par son président Cyril Arrostéguy et l’homme d’affaires Pierre-Edouard Stérin, cible ouvertement un leader d’envergure internationale pour mener son projet d’ici trois ans. Le profil idoine est déjà trouvé, et les premiers contacts auraient même été noués avec l’entourage de l’indéboulonnable arrière du Stade Toulousain et du XV de France, Thomas Ramos.

Après avoir tenté le coup de folie Antoine Dupont à l’été 2025, le Biarritz Olympique récidive dans la catégorie des projets galactiques. Sorti d’une saison anonyme à la dixième place de la deuxième division, le club de Jean-Dauger (ou plutôt d’Aguiléra) cherche le déclic psychologique et technique capable de transformer son vestiaire. Pour les décideurs biarrots, la feuille de route est claire : profiter de l’après-Coupe du monde pour attirer un joueur d’exception, quitte à aller le chercher chez le champion de France et d’Europe en titre.

Thomas Ramos, le profil idéal que Biarritz ne peut pas vraiment se payer

Cyril Arrostéguy est clair sur ce qu’il veut. « L’idée, c’est de trouver un joueur qui a connu le très haut niveau et qui pourrait nous amener toute son expérience, son savoir, son leadership », déclare le président du Biarritz Olympique.

« On a envie d’avoir dans nos rangs un leader et un joueur de la trempe de Thomas », confirme-t-il. Thomas Ramos, 29 ans, arrière titulaire du Stade Toulousain et international français régulier avec le XV de France, coche toutes les cases de ce profil.

Le problème, c’est l’écart entre les deux clubs. Le Stade Toulousain est le club le plus titré du rugby français, multiple champion d’Europe et de Top 14. Biarritz, lui, a terminé 10e en Pro D2 cette saison. Deux divisions séparent les deux formations.

Arrostéguy le sait. « Ça fait partie du projet du BO d’avoir un ou plusieurs joueurs cadres comme Thomas, qui ont connu le très haut niveau, pour apporter leur expérience et atteindre les sommets », précise-t-il. Il ajoute que « ce serait un atout majeur pour un club comme nous ». L’ambition est réelle. La faisabilité immédiate, beaucoup moins.

« C’est trop tôt pour le dire » : Arrostéguy dégonfle lui-même le ballon

Le président biarrot ne se fait pas d’illusions. « Après, est-ce que ça sera lui ? C’est trop tôt pour le dire. Plus que Thomas Ramos, c’est un profil de joueur que l’on recherche », lâche Arrostéguy.

Ce recrutement, il l’envisage « dans les trois ans ». Ce n’est pas une annonce de transfert. C’est une projection à moyen terme, conditionnée à plusieurs prérequis que Biarritz est loin de réunir aujourd’hui.

« Il faut qu’on arrive à montrer aussi qu’on soit attractif pour le joueur, qu’on ait un certain standing », reconnaît-il. Autrement dit, le BO doit d’abord exister sportivement avant de prétendre séduire un joueur de ce calibre.

À l’été 2025, le club avait déjà été associé au nom d’Antoine Dupont, sans suite concrète. Ce type de communication autour de grandes signatures est une marque de fabrique du BO : utile pour l’image, rarement suivie d’effets concrets.

Pourquoi ce transfert reste un rêve à moyen terme

Thomas Ramos n’est pas un joueur disponible sur le marché. Il est l’un des piliers du système d’Ugo Mola au Stade Toulousain. Aucun départ n’est évoqué du côté toulousain. Lui demander de descendre en Pro D2 reviendrait à mettre entre parenthèses sa carrière internationale de rugby avec le XV de France.

Sur le plan contractuel, aucune information publique ne fait état d’une clause de sortie ou d’une fin de contrat imminente. Tant que Toulouse ne libère pas Ramos, la discussion reste purement théorique.

Le verrou financier est tout aussi réel. Biarritz est un club en reconstruction. Ses ressources sont sans commune mesure avec celles du Stade Toulousain. Attirer un international français en pleine force de l’âge suppose un projet salarial que le BO ne peut vraisemblablement pas aligner aujourd’hui.

Arrostéguy le formule lui-même sans détour : il faut d’abord construire le standing. Recruter un cadre expérimenté du Top 14 n’est envisageable que si Biarritz remonte dans l’élite et prouve qu’il peut s’y maintenir.

Biarritz a raison de viser haut, mais Arrostéguy sait que recruter un joueur du calibre de Ramos relève davantage du projet à trois ans que d’une opération imminente. Le BO doit d’abord prouver qu’il peut remonter en Top 14 et offrir un standing comparable à celui du Stade Toulousain pour devenir attractif auprès des grands joueurs.

Biarritz peut-il vraiment devenir attractif pour un international en pleine carrière avant de retrouver le Top 14 ?

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