Cueillis à froid, les Japonais renversent l’Italie et signent leur premier succès contre les Azzurri depuis 2018, le rugby nippon entre dans une nouvelle ére ?

Juan Ignacio Brex

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Publié le juillet 5, 2026

Le Japon a remporté sa première victoire contre l’Italie depuis 2018 en s’imposant 27-10 à Tokyo lors de l’ouverture du Championnat des Nations, renversant une équipe italienne largement favorite mais amputée de son principal atout offensif.

L’Italie s’est inclinée 27-10 face au Japon en match d’ouverture du Championnat des Nations, malgré une cote de 67% de chances de victoire avant le coup d’envoi. L’absence d’Ange Capuozzo une décision de repos documentée est devenu un favori en équipe sans game-breaker, incapable de tenir le ballon face à un Japon opportuniste.

Cueillis à froid : comment l’Italie a délabré son avantage en première période

Tout avait pourtant bien commencé pour les Azzurri. Juan Ignacio Brex a inscrit l’essai d’ouverture dès la 4e minute. Score : 0-7 pour l’Italie. Le scénario idéal pour une équipe préférée.

Sauf que le Japon n’a pas tremblé. Warner Dearns répond à la 10e minute, Takuro Matsunaga enfonce le clou à la 16e. En moins de dix minutes, les Japonais ont retourné le match. Ben Gunter ajoute un troisième essai à la 47e , un quatrième essai non attribué dans les sources disponibles vient sceller l’affaire. Score final : 27-10.

Ce Championnat des Nations est la première édition de cette compétition dans l’histoire du rugby mondial. Un tournoi inaugural, une victoire fondatrice pour le Japon et un gif d’entrée pour l’Italie.

La grande révélation côté japonais s’appelle Ryunosuke Ito . L’ouvreur universitaire, à sa première sélection, a dirigé le jeu avec une assurance qui a pris les Italiens à contre-pied. Pendant ce temps, les Azzurri cherchaient leurs repères sans jamais les trouver vraiment.

Sans Capuozzo, l’Italie perd son game-breaker : le prix de la gestion des repos

Ange Capuozzo n’était pas à Tokyo. Pas blessé. Laissé au repos par Gonzalo Quesada en raison de la finale du Top 14 avec le Stade Toulousain . Le sélectionneur italien l’a dit lui-même, sans ambiguïté : « Pour cette raison, à ce stade, nous n’avons pas considéré Ange Capuozzo et Giacomo Nicotera, qui seront occupés avec leurs équipes respectives dans les phases finales du Top 14 et manqueront toute la préparation en Italie. »

C’est un choix. Supposer. Discutable.

Capuozzo, sacré meilleur joueur révélation mondial par World Rugby en 2022, est depuis le principal game-breaker de cette équipe d’Italie. Sans lui, l’Italie est une équipe offensive différente. Sa capacité à transformer une possession imparfaite en danger en espace ouvert offre à Quesada une solution de secours lorsque la construction de jeu stagne.

Et la construction du jeu a stagné. Beaucoup. Les Italiens ont perdu 21 ballons dans ce match, contre 7 seulement pour le Japon. Cette impatience offensive, cette incapacité à tenir le ballon, c’est exactement ce qui arrive quand vous retirez le joueur capable de créer quelque chose à partir de rien.

La situation est encore plus complexe qu’un simple choix de repos. Capuozzo a traversé une saison 2025-2026 très hachée : fracture du doigt en début de Tournoi des Six Nations, puis entorse acromio-claviculaire contre la France le 22 février 2026, qui lui a coûté la fin du tournoi. La décision de Quesada peut aussi s’interpréter comme une précaution médicale sur un joueur fragilisé ce qui nuance le jugement, sans l’effacer.

Car Capuozzo n’était pas le seul absent de la préparation. Plusieurs joueurs italiens issus de la finale de la Premiership anglaise Fischetti, Vintcent, Varney, Zambonin avec Northampton ont également rejoint le groupe tardivement. Une préparation collective en lambeaux et 21 ballons perdus pour le confirmer.

Un précédent qui pèse : l’Italie n’avait pas perdu face au Japon depuis 2018

Pour mesurer ce que représente cette défaite, il faut remonter au 9 juin 2018. C’est la dernière fois que le Japon avait battu l’Italie, sur le score de 34-17. Depuis, les Azzurri avaient remporté les trois confrontations suivantes, dont une victoire écrasante 42-14 en juillet 2024.

Huit ans de domination italienne, effacés en 80 minutes à Tokyo.

Ce qui rend la défaite encore plus difficile à avaler, c’est le contexte de favoritisme. L’Italie était donnée à 67% de chances de victoire avant le coup d’envoi, avec une cote à 1,32 contre 3,00 pour le Japon. Sur le papier, ce match ne devait pas poser de problème.

Le Japon, lui, a montré autre chose. Une solidité mentale réelle, une capacité à encaisser le choc initial (0-7 après 4 minutes) et à renverser la situation avec méthode. Dans un tournoi inaugural où chaque victoire compte double en termes d’image, les Japonais ont parfaitement joué leur coup.

La suite du calendrier japonais donnera la mesure de cette performance, avec notamment l’Irlande et la France au programme du Championnat des Nations . Deux adversaires autrement plus costauds. Mais cette victoire d’ouverture contre l’Italie, première depuis 2018, n’est pas un accident : elle s’est construite sur une solidité défensive réelle et 7 ballons perdus seulement.

Cette défaite italienne n’est pas une surprise tactique tombée du ciel. C’est la conséquence prévisible d’une préparation collective sacrifiée sur l’autel des engagements de club avec, au centre du problème, l’absence du joueur le plus décisif du groupe. Le Japon, lui, a su capitaliser sur cette fragilité pour signer une victoire qui restera dans les annales de ce Championnat des Nations inaugural.

Quesada disposera-t-il de son effectif complet pour les prochains matchs du Championnat des Nations, ou l’Italie devra-t-elle à nouveau compositeur sans ses joueurs les plus décisifs ?

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