« Fier du groupe » : Alldritt refuse de noircir la saison de La Rochelle malgré la déroute

Gregory Alldritt
Publié le juin 15, 2026

Après la déroute 45-5 face au Stade français en barrage du Top 14, Gregory Alldritt refuse de laisser cette claque effacer une saison en montagnes russes : le capitaine rochelais affirme sa fierté du groupe, malgré l’élimination.

La Rochelle a subi une humiliation sportive samedi 14 juin à Jean-Bouin : 45-5 face au Stade français, mené 19-0 à la mi-temps, éliminée en barrage du Top 14. Pour les supporters rochelais, cette débâcle risque d’effacer des mois d’efforts collectifs et de relégitimer les doutes de février. Gregory Alldritt, capitaine et symbole de la remontée, propose une lecture différente : celle d’une saison globalement réussie malgré un dernier acte manqué.

« Je suis fier du groupe » : Alldritt refuser de noircir la saison malgré la claque

Quarante points d’écart. Le score est brutal. Pourtant, Gregory Alldritt n’a pas attendu longtemps pour prendre la parole et cadrer le récit : « Je suis fier du groupe. » Trois mots, posés comme un bouclier.

Ce n’est pas de l’aveuglement : c’est de la mémoire.

En février 2026, La Rochelle était 10e au classement après une 5e défaite consécutive. Alldritt lui-même avait lâché : « J’en ai marre de devoir aller me cacher chez moi, le soir, après les matchs. Il y a ce sentiment de honte. » Le mot était fort. Il venait du capitaine, pas d’un commentateur.

Ce qui s’est passé ensuite est factuel. Le Stade Rochelais a enchaîné 8 victoires sur ses 9 derniers matchs de championnat pour se siffler en barrage depuis la 10e place. Une remontée que Ronan O’Gara lui-même avait qualifié de « miraculeuse » après la qualification.

Du sentiment de honte de février à la fierté du groupe de juin : le chemin est réel, chiffré, vérifiable. Alldritt ne réécrit pas l’histoire il la lit en entier.

« On s’est tué sur leur défense », a-t-il également reconnu. La fierté n’exclut pas le constat. Elle le précède.

« On s’est tué sur leur défense » : Alldritt analyse sans complaisance

La fierté d’Alldritt ne s’arrête pas à un slogan.

Alldritt a livré son diagnostic : « Il nous a manqué de la précision et de l’énergie. On a laissé trop de forces ces derniers mois, quand d’autres équipes ont pu faire tourner et gérer leur effectif. » La Rochelle a payé sa remontée au prix fort.

À la mi-temps, les Rochelais avaient déjà effectué 130 plaquages ​​ chiffre cité par Alldritt lui-même, confirmé par O’Gara. Un volume défensif révélateur d’une équipe sous pression constante, sans jamais trouver le ballon.

Alldritt ne cherche pas d’excuse dans ce constat. Il contextualise. « C’est plus facile de perdre de quarante points que d’un point », at-il dit. Une formule qui dit quelque chose de vrai sur la psychologie du sportif de haut niveau : une défaite nette ne laisse pas de doute, elle ne ronge pas.

Ronan O’Gara a été encore plus direct : « Le premier responsable, c’est moi, parce que c’est mon plan, ma semaine, les mêmes adversaires que la dernière semaine… Ils ont très bien vu quelque chose, ils l’ont bien exploité. » Puis : « Il n’y a pas photo, la meilleure équipe à gagné, et de loin. »

Lucidité du manager, fierté du capitaine : les deux conférences se complètent.

« Cette saison, personne n’a lâché », conclut Alldritt.

Les dégâts collatéraux : blessures et perspective d’avenir

La soirée de Jean-Bouin a aussi laissé des traces physiques. Paul Boudehent et Charles Kante Samba sont sortis sur blessure aux ischio-jambiers. Joel Sclavi a lui quitté le terrain sur une atteinte au muscle soléaire. Trois joueurs importants touchés dans un match déjà perdu : le bilan est lourd à double titre.

Ces absences compliquent la lecture de l’avenir à court terme. Mais Alldritt, fidèle à sa ligne, ne s’y attarde pas : « Il y a de l’espoir pour l’avenir. Parce que le groupe est talentueux. »

Le contexte donne du poids à cette projection. Avant le barrage, O’Gara avait qualifié la qualification de « miraculeuse ». Pierre Cancoriet, lui, évoquait « beaucoup de fierté par rapport à notre résilience ». La qualification en barrage était déjà, en soi, un résultat au-delà des attentes de février.

La saison 2025-2026 de La Rochelle ne se résume donc pas au score de Jean-Bouin. Elle se lit comme un cycle complet : effondrement, réaction, qualification, élimination. Chaque étape a existé. Aucune n’efface l’autre.

La fierté d’Alldritt n’est pas du déni : c’est la reconnaissance d’un effort collectif sur neuf mois, même si le dernier acte a tourné au désastre. Cette saison restera celle de la résilience rochelaise de la honte de février à la qualification miraculeuse, jusqu’à l’élimination brutale de Jean-Bouin. Un cycle complet qui redéfinit les attentes pour 2026-2027.

La Rochelle saura-t-elle transformer cette résilience en socle pour 2026-2027, ou cette saison restera-t-elle un cycle sans lendemain ?

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