À 70 km/h dans une descente, Paul Seixas s’écrase au sol et termine dans un fossé : sa course semble terminée. Grâce à une remontée collective de 60 km, Decathlon CMA CGM le ramène dans le peloton et sauve ses ambitions au classement général.
L’étape 7 du Tour Auvergne-Rhône-Alpes a basculé en une fraction de seconde. Paul Seixas a glissé sur 20 mètres à 70 km/h dans la descente de Saint-Maurice-de-Rotherens, avant de s’arrêter dans le fossé. Le prodige français, 7e au classement général, se retrouve à 4 minutes du groupe des favoris à 97 km de l’arrivée.
« Je me suis retrouvé dans le fossé » : la chute qui aurait pu tout détruire
Après 32 km de course seulement, la descente de la côte de Saint-Maurice-de-Rotherens échoue tout à briser. Seixas glisse sur 20 mètres à 70 km/h.
Ses propres mots disent mieux que n’importe quel commentaire ce que ces secondes ont représenté. « J’ai fait un vol plané sur le goudron. Je me suis retrouvé à glisser sur les mains et tout le corps. Et après je me suis arrêté dans le fossé. Pendant un moment je n’ai pas cru que j’allais repartir, j’étais vraiment défoncé », confie-t-il en zone mixte.
Sa première pensée n’est pas pour lui. Elle est pour l’équipe. « Je suis trop loin, je vais juste niquer l’équipe » , dit-il. Ce réflexe en dit long sur l’état d’esprit d’un coureur qui sait exactement ce qu’il représente pour Decathlon CMA CGM.
Avant cette étape, Seixas occupait la 7e place du classement général, à un peu plus de 3 minutes du maillot jaune Luke Tuckwell. Se retrouver à 4 minutes du groupe des favoris à 97 km de l’arrivée, c’est mathématiquement une catastrophe.
Quatre minutes à rattraper : commentaire Decathlon CMA CGM a fait l’impossible
Deux hommes n’ont pas attendu les ordres. Stefan Bissegger et Daan Hoole se laissent décrocher du peloton pour attendre Seixas. Sur le plat, ils ont pris la tête du groupe de poursuite et ont tiré. Longtemps. Sans relâcher.
« Daan et Stefan ont fait un énorme boulot sur le plat, c’était incroyable. Ils ont tout donné », reconnaît Seixas.
Dans les lacets du Grand Colombier, le relais a changé de secteur. Aurélien Paret-Peintre a pris le guidon de l’effort. Nicolas Prodhomme s’était lui aussi sacrifié pour rester dans le groupe de chasse. Chaque collaborateur a joué son rôle au moment précis où il le fallait.
C’est Léo Bisiaux qui a fermé le dossier. À 38 km de l’arrivée, après plus de 60 km de course-poursuite, Seixas se retrouve au peloton maillot jaune. Quatre minutes effacées. Sans aide extérieure.
Julien Jurdie, directeur sportif de Decathlon CMA CGM, n’en revient pas lui-même. « C’est vraiment incroyable, on a bouché quatre minutes avec l’aide de personne, sans paniquer. Paul est resté très très calme. Avec Luke Rowe dans la voiture, on n’avait jamais vu ça », déclare-t-il.
Seixas, lui, n’oublie pas ce qu’il doit à ses coéquipiers. « J’avais une équipe soudée autour de moi, je suis reparti trois-quatre minutes derrière, je me suis dit que c’était fini, qu’on n’allait jamais rentrer », admet-il. Puis il ajoute, sans détour : « C’était de ma faute et j’ai fait payer toute l’équipe. Ils auraient pu me laisser dans la pampa, c’est tout ce que je méritais. »
Seixas sauve sa course, mais le classement général lui échappe
Revenir dans le peloton ne suffisait pas. Il fallait encore finir l’étape. Et le Grand Colombier ne fait pas de cadeaux.
Isaac Del Toro a tranché le débat dans les derniers kilomètres de ce cyclisme. Il attaque à 4,5 km du sommet, rattrape Ayuso à 1,7 km et s’impose seul.
Seixas, lui, franchit la ligne en 7e position, à 1’21 de Del Toro. Compte tenu de ce qu’il a traversé, c’est presque un miracle. Mais le classement général reste impitoyable.
Il passe de la 7e à la 6e place, mais pointe désormais à 1’54 du maillot jaune Luke Tuckwell . Tuckwell conserve son maillot avec 42 secondes d’avance sur Matteo Jorgenson. L’écart avec le sommet s’est creusé.
La remontée a sauvé la course de Seixas. Elle n’a pas effacé le temps perdu dans ce fossé.
« Ils sont fous, je les aime tous », résume Seixas. Trois mots. Rien à ajouter.
Seixas pointe à 1’54 de Tuckwell avec trois étapes à disputer. La solidarité a sauvé sa course suffira-t-elle à lui donner le maillot jaune ?